
Libreville, le 31 mars 2026 – (Dépêches 241). Lundi 23 mars dernier, à l’occasion de la journée nationale de l’enseignant, le Chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema, annonçait avec assurance le paiement « dans quelques heures des vacations des enseignants »ainsi que des bourses des élèves et des étudiants. Plusieurs jours plus tard, les étudiants bénéficiaires continuent d’écumer les banques à la recherche des précieux virements. Toute chose qui laisserait penser chez de nombreux observateurs que la parole présidentielle a encore été dépouillée de sa puissance et de sa sacralité.
L’annonce avait suscité un tonnerre d’applaudissements. Lundi 23 mars dernier, dans le cadre d’une cérémonie organisée au Palais Rénovation, le Président de la République recevait les responsables de la communauté éducative pour le compte de la journée de l’enseignant. Pendant son allocution, le Chef de l’État a été formel et souverain vis-à-vis des enseignants, des élèves et des étudiants du Gabon. « Les vacations seront payées dans quelques heures », avait-il d’abord clamé à l’endroit du corps enseignant.
Dans le même ordre d’idées, il avait également lancé ce qui suit: « J’irai même plus loin. Les bourses scolaires de nos enfants, universitaires et internationales seront également payées à partir de jeudi », avait déclaré avec assurance, le Chef de l’État. Seulement, à ce jour, les apprenants concernés par le paiement de ces bourses restent unanimes. Toujours aucun compte approvisionné, au moment où cet article est publié. Florilège. « Bientôt une semaine, toujours en attente d’une suite favorable », ironise une étudiante sur les réseaux sociaux. « S’ils ne veulent pas nous donner notre bourse, ils n’ont qu’à nous dire ça clairement », tranche une autre.
Un nouvel épisode qui interpelle sur le poids et la sacralité de la parole présidentielle en ce début de Cinquième République. La parole d’un chef d’État n’est pas un simple exercice de communication, elle a un poids. Contrairement à un citoyen ordinaire, quand le Président de la République parle, quand il fait une annonce, il transforme la réalité. En clair, une annonce présidentielle engage l’administration, ses démembrements ainsi que les finances publiques. Elle devrait donc être vérifiable et applicable après son énonciation.







