
Libreville, le 28 mai 2026-(Dépêches 241). Dans une courte vidéo diffusée hier soir sur ses réseaux sociaux, Steeve Ilahou, Président du Mouvement Gabon en Action (MGA) dit clairement faire l’objet des menaces d’arrestation et de mort venant de certains éléments la Direction Générale des Recherches (DGR) et de la très redoutée Direction Générale des Services Spéciaux ( DGSS). Des révélations qui, si elles venaient à se confirmer, conforteraient les experts onusiens qui ont récemment mis le Gabon à l’index, à l’occasion de la 84e session du Comité des Nations Unies contre la torture, à Genève en Suisse.
Le vernis démocratique dont se drape le régime de la Ve République perd chaque jour de l’éclat. Après de nombreux cas de violations des droits humains rigoureusement documentés depuis la prise du pouvoir par les militaires, dont le plus emblématique reste l’affaire Hervé Patrick Opiangah ou encore l’affaire du sergent Bounda, voilà qu’un autre citoyen pourrait affronter les foudres du nouveau régime.
Déjà extrêmement critique sous Ali Bongo Ondimba, Steeve Ilahou, Président du Mouvement Gabon en Action (MGA) n’a pas opéré de mutation dans sa lecture politique, économique et sociale du Gabon, ce malgré l’arrivée d’un nouveau régime. Comme par le passé, il continue de dénoncer les abus de pouvoir des nouveaux dirigeants, y compris leur gouvernance, contestable, à tout le moins.
Une posture qui semble ne pas plaire aux nouveaux tenants du pouvoir. C’est en tout cas ce qu’il a clairement laissé entendre hier soir sur ses réseaux sociaux, à travers une courte vidéo. « Je fais cette courte vidéo ce soir pour vous donner une information. Je fais l’objet des menaces à l’heure actuelle, des appels, des messages des gens qui disent que la DGR ou les services spéciaux de la République Gabonaise seraient désormais derrière moi pour mon arrestation éventuelle », a-t-il avoué sous une voix manifestement écrasée par la crainte.
Des services spéciaux qui interpellent le jeune acteur politique une nouvelle fois
Dans son récit, Steeve Ilahou dit ne pas être à la première séquence de menaces des éléments de la Direction Générale des Services Spéciaux (DGSS). « Je reconnais qu’il y a quelques mois en arrière, les mêmes services spéciaux m’avait déjà appelé, et étaient allés jusqu’à me demander d’arrêter cette lutte », a-t-il ajouté. Dans sa réplique, il avait été formel en indiquant aux personnes qui tentaient de l’intimider que « tant que la grande majorité de la population continuera de souffrir, je serai debout. Parce qu’un pays qui regorge autant de richesses ne peut avoir un si petit peuple dans une pareille misère ».
Jugé intraitable, Steeve Ilahou serait-il désormais menacé de mort ?
Toujours dans la même vidéo publiée sur sa page Facebook, le leader d’opinion dit désormais être menacé de mort. « Aujourd’hui même, je vous informe que je ne fais que recevoir des appels. Et là ils sont passés par des personnes spécifiques pour me dire ce qui pourrait éventuellement m’arriver (…) les menaces sont pesantes. Des personnes continuent de m’insulter, me menacent d’arrestation et même de ma mort », a-t-il renchéri sur sa situation aujourd’hui.
Un appel lancé à l’endroit de la communauté nationale et internationale
Sentant son intégrité physique menacée, le Président du Mouvement Gabon en Action (MGA) appelle toutes les forces vives de la nation, ainsi que les amis du Gabon, à se mobiliser pour faire barrage à ce funeste dessein. « J’attire l’attention de la communauté nationale et internationale sur le fait que le Gabon serait devenu dorénavant une prison à ciel ouvert où aucun citoyen n’a le droit de s’exprimer librement, où aucun citoyen ne doit donner un avis contraire à ce qui est présenté dans la gestion actuelle de notre pays à tous », a-t-il dénoncé.
Toujours à l’endroit de la communauté internationale, le jeune leader implore cette dernière à « jeter un regard sur ce peuple qui malheureusement, non seulement croupit dans la misère, mais a épousé une énième misère, c’est celle de garder le silence face aux abus de pouvoir, un silence face à la mauvaise gestion, un silence face aux arrestations arbitraires (…) aujourd’hui personne n’a le droit de dire quoi que ce soit sous peine d’être arrêté, d’être tué, même de voir sa nationalité retirée », a-t-il conclu.







