Monument Damas Aleka: 300 millions de FCFA supplémentaires d’argent public dépensés pour que le monument soit « présentable »

Le porte-parole de la Présidence de la République pendant sa conférence de presse.

Libreville, le 20 juillet 2026-(Dépêches 241). Vendredi dernier, le porte-parole de la Présidence de la République, Théophane Nzame Nze Biyoghe est revenu sur l’actualité politique, économique et sociale du Gabon, notamment pour le compte de la première année du mandat de Brice Clotaire Oligui Nguema. Questionné sur l’affaire du monument Georges Damas Aleka, il a répondu sans sourciller: « nous savons tous que ce chantier ne sera pas achevé le 16. Le Président de la République le sait (…) en revanche, 300 millions de francs cfa supplémentaires de votre argent ont été engagés pour que la structure soit au moins présentable pour les festivités du 17 août ».

L’opinion publique gabonaise a suivi vendredi dernier, avec une attention particulière, l’intervention du porte-parole de la Présidence de la République, Théophane Nzame Nze Biyoghe. Une séquence lors de cet échange avec la presse a singulièrement accroché: c’est la réponse formulée au sujet de l’affaire du monument Georges Damas Aleka, en face de la tribune officielle, sur le front de mer.

Dans son laïus, il y indique clairement que ladite structure a déjà coûté plus de 8 milliards de francs au contribuable pour des travaux dont la livraison reste attendue depuis plus de deux ans aujourd’hui. Et que, face à ce retard, le gouvernement a dû injecter de l’argent en plus du montant initial dédié à la réalisation de ce site. « Nous savons tous que ce chantier ne sera pas achevé le 16. Le Président de la République le sait (…) en revanche, 300 millions de francs cfa supplémentaires de votre argent ont été engagés pour que la structure soit au moins présentable pour les festivités du 17 août », a-t-il déclaré.

Un sens des priorités qui inquiète ?

En quoi est-il si urgent et essentiel d’organiser des festivités devant un bâtiment inachevé ? C’est la question que se posent aujourd’hui de nombreux observateurs de la vie politique gabonaise. Car, le gouvernement de Brice Clotaire Oligui Nguema a bien engagé une dépendance de 300 millions supplémentaires des impôts des gabonais, juste pour que le monument soit « présentable » le temps d’une journée. Pour l’image, pour de simples photos le temps de quelques heures, des centaines de millions viennent d’être engloutis.

Dans un pays où les musées et autres monuments peinent déjà à attirer du public ou à générer des revenus pour l’économie nationale, quand les enseignants du supérieur brandissent la menace de tout paralyser si leurs vacations ne sont pas payées, lorsque des médecins et enseignants du secondaire sont recrutés et continuent de travailler sans salaires depuis plus d’un an, dépenser 300 millions pour plaire, le temps d’une journée, interroge profondément sur les priorités des gouvernants de la Vème République Gabonaise.

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