Adrien Nguema Mba et le mutisme sur la régularisation des Partis politiques: caporaliser l’État par le silence ?

Silence sur la régularisation des partis politiques, Adrien Nguéma Mba et le régime veulent-ils caporaliser l’État et taire le débat démocratique ? © Dépêches 241

Libreville, le 2 septembre 2026-(Dépêches 241). Depuis le 27 juin dernier, date de clôture du dépôt des dossiers de régularisation des partis politiques, un silence pesant s’est abattu sur le Ministère de l’Intérieur. Sur 102 formations politiques légalement reconnues, 69 avaient déposé leur dossier début juillet, selon un communiqué gouvernemental. Deux mois plus tard, aucune liste définitive n’a été rendue publique, et le landerneau politique gabonais retient son souffle, suspendu à une décision qui tarde à venir, ou qui, peut-être, ne viendra jamais dans la clarté qu’elle devrait avoir.

Plus de deux mois après la clôture de l’opération de régularisation des Partis politiques, le ministère de l’Intérieur n’a toujours pas rendu publique la liste des formations ayant satisfait aux nouvelles exigences légales. Le 3 juillet, l’administration annonçait avoir reçu 69 dossiers sur 102 formations recensées, précisant qu’un « examen rigoureux » était en cours et qu’une « notification individuelle » suivrait. 

Depuis, plus rien. Aucune actualisation, aucun chiffre, aucune échéance. Une question, pourtant élémentaire, s’impose avec une insistance croissante. Comment expliquer que 69 dossiers demeurent, deux mois durant, dans les limbes administratives d’un ministère qui avait pourtant su, en l’espace de six jours, en traiter 102 ? L’arithmétique du doute a ses vertus, l’une d’elle c’est qu’elle oblige à s’interroger sur ce qui, entre le zèle initial et l’inertie actuelle, a bien pu se produire.

Le régularisation ou l’art de gagner du temps pour continuer à étouffer ? 

Que la réforme portée par ce texte comporte une part de nécessité, nul ne songe sérieusement à le contester. Un pays où des Partis politiques n’existaient que sur le papier, sans adhérents vérifiables, sans ancrage réel, appelait sans doute une clarification. Mais entre assainir un champ politique et l’étouffer, la frontière est ténue, et c’est précisément cette frontière que le silence actuel du gouvernement contribue à brouiller. 

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Car à trop faire durer l’instruction sans jamais en communiquer les résultats, l’exécutif installe une réforme dans l’ambiguïté, un climat où chaque Parti sauf ceux proche du régime, ignore s’il existe encore juridiquement, où le débat démocratique se retrouve suspendu à un verdict administratif qui ne vient pas. 

Tout se passe, à observer ce jeu de la montre, comme si le régime trouvait quelque avantage discret à laisser le pluralisme politique dans l’incertitude, une manière, sans jamais l’assumer frontalement, de caporaliser l’État en installant le doute là où devrait régner la clarté.

 Ali Akbar Onanga a t-il eu tort d’avoir raison trop tôt ?  

Cette dérive, un ancien ministre l’avait pressentie dès l’annonce de la réforme. Selon Ali Akbar Onanga, il s’agissait déjà d’une tentative à peine voilée de restreindre l’expression politique plurielle. « Nous nous alarmons des récentes annonces du Président de la République […] concernant la réforme du cadre légal régissant les Partis politiques sous couvert de rationalisation, » alertait-il déjà. 

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Il y voyait la volonté de façonner « un paysage politique docile dépourvu de toute opposition véritable ». Des mots que le silence actuel du Ministre de l’Intérieur, Adrien Nguéma Mba, ne dément guère,  il les nourrit, au contraire, d’un argument supplémentaire.

Le silence de Nguema Mba face au questionnement légitime 

Reste alors une série de questions que ni le Ministre de l’Intérieur ni le Président de la République ne sauraient éternellement esquiver. Que se passe-t-il réellement dans les couloirs de l’instruction ? Quelles manigances, quels arbitrages, quelles hésitations retardent une décision que la loi elle-même appelait à trancher dans des délais raisonnables ? 

Pourquoi ce mutisme, quand la transparence aurait dû être la signature d’une réforme présentée comme fondatrice ? À Adrien Nguema Mba de rompre ce silence qui ne grandit personne. À Brice Clotaire Oligui Nguema, garant de la refondation démocratique qu’il a lui-même promise, de veiller à ce que la régularisation des Partis ne devienne pas, par la seule vertu du temps qui passe, l’instrument discret d’un musèlement, d’une caporalisation et d’un étouffement méthodique mais pernicieux de la démocratie.

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