Gabon : en attendant le tramway d’Owendo, un projet de télécabine pour Nzeng-Ayong

Une nouvelle ambition pour Libreville quand la précédente n’est toujours pas matérialisée © Dépêches 241

Libreville, le 2 septembre 2026 – (Dépêches 241). À Libreville, les transports collectifs pourraient bientôt emprunter autant les rails que les airs. Alors que le projet de tramway reliant Owendo au nord de la capitale reste encore à concrétiser, une entreprise gabonaise propose désormais de prendre de la hauteur. Ingénierie du Rail et la société de projet OGÓLI portent une liaison par télécabine de 6,5 kilomètres entre Nzeng-Ayong et la Cité Émeraude. Six stations sont annoncées et, surtout, une promesse susceptible de parler aux automobilistes habitués aux bouchons : parcourir le trajet en seulement 14 minutes.

L’idée peut faire sourire et même éclater de rire dans une ville où le taxi reste roi, où les transports publics peinent encore à couvrir correctement l’agglomération et où les nids de poules restent maîtres du jeu sur certaines artères. Elle n’est pourtant pas aussi extravagante qu’elle en a l’air. Medellín, en Colombie, ou La Paz, en Bolivie, ont intégré des télécabines à leurs réseaux de transport urbain.

Une solution aérienne face à une ville au bord de l’asphyxie

 À Libreville, le tracé proposé relierait en outre Nzeng-Ayong, l’un des principaux bassins de population de la capitale, à la Cité Émeraude, appelée à accueillir un important pôle administratif. Autrement dit, OGÓLI ne propose pas seulement une attraction aérienne : il vise potentiellement un corridor domicile-travail.

Reste que Libreville commence surtout à accumuler les projets de mobilité avant d’avoir vu circuler les premiers véhicules. Alors que le gouvernement mise déjà sur un projet de tramway pour restructurer les déplacements dans le Grand Libreville, voici maintenant la télécabine qui entre dans la danse. Sur le papier, les deux peuvent être complémentaires. Dans la pratique, il faudra surtout savoir lequel sortira réellement des présentations, études et annonces pour transporter quotidiennement des passagers. Car dans une capitale congestionnée, le moyen de transport le plus révolutionnaire reste encore celui qui arrive effectivement à destination.

Du tramway à la télécabine, Libreville attend toujours ses transports

OGÓLI devra surtout répondre à quelques questions moins spectaculaires que les cabines suspendues. Combien coûtera l’infrastructure, qui la financera, combien coûtera le ticket et combien de passagers pourront être transportés chaque heure ? Une liaison de 6,5 kilomètres n’a d’intérêt comme transport de masse que si son tarif reste accessible et si sa capacité absorbe une fraction significative des déplacements du corridor. 

À cela s’ajoutent l’entretien des équipements, la disponibilité des pièces, la continuité du service sous fortes pluies et surtout la connexion des six stations aux taxis, bus et autres modes de transport. Descendre du ciel pour retrouver un embouteillage au pied de la station réduirait quelque peu l’intérêt de l’exercice.

Le projet OGÓLI a néanmoins le mérite de poser autrement le problème des déplacements à Libreville : puisque construire de nouvelles routes devient difficile dans une ville déjà dense, pourquoi ne pas exploiter l’espace aérien ? Mais avant d’imaginer Nzeng-Ayong vu d’une cabine, il faudra passer l’épreuve beaucoup plus terre-à-terre du financement et du prix du billet. Entre le tramway annoncé à Owendo et la télécabine proposée à Nzeng-Ayong, Libreville ne manque désormais plus d’idées pour échapper aux bouchons. Reste ce petit détail : les construire. 

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