
Libreville, le 1er septembre 2026- Dépêches 241). Le Gabon dispose d’une photographie encore incomplète de l’endettement de son secteur public. Dans son évaluation de la transparence budgétaire du pays, le Département d’État américain relève que seules des informations limitées sur les obligations liées à la dette sont accessibles au public et, surtout, que celles-ci n’intègrent pas la dette des entreprises publiques. Une lacune qui laisse hors du champ de l’information publique une partie des engagements financiers d’entités pourtant contrôlées par l’État.
Le problème dépasse la seule question statistique. Une entreprise publique peut contracter des emprunts, accumuler des dettes fournisseurs ou bénéficier de garanties et de soutiens financiers de l’État. Toutes ces obligations ne constituent pas automatiquement une dette directe du Trésor gabonais. Mais elles peuvent devenir un risque pour les finances publiques lorsqu’une société stratégique rencontre des difficultés et nécessite une intervention de son actionnaire public.
C’est précisément pourquoi Washington recommande au Gabon de publier les obligations de dette des principales entreprises publiques. Le rapport réclame également davantage de détails sur les allocations budgétaires qui leur sont accordées et les recettes qu’elles procurent à l’État. L’enjeu consiste ainsi à connaître simultanément ce que ces entreprises doivent, ce qu’elles reçoivent du budget et ce qu’elles reversent aux finances publiques.
Cette faiblesse prend une dimension particulière dans un pays où l’État demeure présent dans plusieurs secteurs stratégiques. Elle complique notamment la distinction entre dette directement portée par l’administration centrale et risques financiers susceptibles de remonter un jour vers celle-ci. Parler de « dette cachée » serait toutefois excessif sur la seule base du rapport américain : celui-ci constate une absence de publication suffisante, et non l’existence démontrée d’engagements dissimulés.
Le véritable enjeu est surtout celui du périmètre. Plus les engagements des entreprises publiques sont documentés, plus investisseurs, créanciers et contribuables disposent d’une photographie fidèle du risque financier associé au secteur public dans son ensemble. Au Gabon, le rapport américain suggère que cette photographie s’arrête encore trop largement aux frontières de l’État central.







