Gabon: marchés publics, pourquoi l’État peine-t-il encore à montrer à qui va l’argent public ?

Le vrai test de la transparence est de savoir qui reçoit l’argent public, combien et pourquoi © Dépêches 241

Libreville, le 1er septembre 2026 – (Dépêches 241). Le Gabon publie ses grandes orientations budgétaires, mais la traçabilité de l’argent se réduit lorsqu’il s’agit de descendre jusqu’aux marchés publics. Le Département d’État américain relève que le pays ne publie pas régulièrement les informations concernant ces contrats. Une faiblesse qui déplace le débat de la transparence du budget vers celle, beaucoup plus concrète, de la dépense.

Une loi de finances permet de connaître les crédits accordés à un ministère ou à un programme. Elle ne dit cependant pas nécessairement quelles entreprises obtiennent les contrats financés par ces crédits, pour quels montants et selon quelles procédures. C’est la publication des données relatives aux marchés qui permet de franchir cette seconde étape et de suivre le chemin entre l’autorisation parlementaire de dépenser et son bénéficiaire final.

Le sujet est d’autant plus sensible que les marchés publics constituent l’un des principaux canaux par lesquels les investissements de l’État se transforment en routes, bâtiments, équipements, prestations ou fournitures. Une information régulière sur les attributions permettrait non seulement d’identifier les bénéficiaires, mais aussi de suivre la concentration éventuelle des commandes et la place respective des procédures concurrentielles et dérogatoires.

Le retard gabonais n’est pas une fatalité régionale. Dans le même exercice d’évaluation, le Cameroun est crédité de la publication d’informations de base sur les marchés publics, tandis que la République centrafricaine a réalisé des progrès significatifs en rendant accessibles des informations sur ses contrats. Le Congo et le Tchad sont, comme le Gabon, critiqués sur ce terrain.

Pour le gouvernement, il s’agit de permettre de suivre plus facilement comment et auprès de qui cet argent est dépensé. Dans une période où les investissements publics occupent une place centrale dans la politique économique, l’ouverture des données de la commande publique constituerait probablement l’un des tests les plus concrets de la transparence financière.

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