
Libreville, le 26 mai 2026-(Dépêches 241). Les délestages d’électricité de la Société d’Energie et d’Eau du Gabon (SEEG) n’en finissent pluq d’exaspérer les populations gabonaises. En effet, après les barricades sur la Nationale 1 hier soir par les populations d’Essassa et de PK12, le tour est revenu à celles de Bizango, désespérées par une absence totale d’électricité dans leur zone depuis trois jours. Une situation particulièrement difficile à digérer pour ces populations qui, outre l’obscurité, doivent également supporter la perte de leurs denrées alimentaires.
Dans l’un des articles publiés par la rédaction de Dépêches 241 hier soir, relatif à l’incapacité de la SEEG à fournir régulièrement de l’énergie aux habitants d’Essassa, lesquels ont été contraints de barrer la route pour exprimer leur détresse, il était souligné que cette action pourrait en appeler d’autres. Eh bien… la prophétie semble s’être réalisée. Puisque depuis ce matin, les populations de Bizango, elles aussi touchées par le même phénomène, sont montées au créneau en barricadant la route. Ces mouvements de protestation, quoique spontanés, apparaissent probablement justifiés, la zone étant plongée dans le noir depuis plus de 72 heures.
Certes, la SEEG a fait des coupures d’eau et d’électricité une activité presque devenue banale, mais priver des quartiers entiers d’électricité pendant des jours a nécessairement des conséquences. Parmi elles, les populations dénoncent l’absence de communication de ladite société, qui semble prendre plaisir à les voir souffrir. Pire, de nombreux foyers privés d’électricité auraient vraisemblablement perdu les produits alimentaires conservés dans les congélateurs et réfrigérateurs. Dès lors, dans un pays où la pauvreté et la précarité connaissent une ampleur inédite, où trouveront-ils les moyens de se réalimenter ?
Dans ces conditions, il est plus qu’urgent que la SEEG prenne ses responsabilités. Car il devient de plus en plus difficile pour ces populations de supporter une société disposant de tous les moyens de l’État, mais qui se montre incapable de fournir à la population le minimum. Au contraire, elle les nargue avec un comportement méprisant, une indécence frisant la condescendance, tout en surfacturant ses prestations. Dans cette optique, la responsabilité de la SEEG ne peut plus se limiter à chercher les moyens d’alimenter correctement les ménages en électricité et en eau ; elle doit aussi permettre aux Gabonais victimes de recouvrer leurs biens électroménagers et alimentaires perdus à cause des délestages de la SEEG.
Face à cette multiplication des mouvements de colère, les autorités gagneraient à prendre la pleine mesure du malaise social qui couve. Car au-delà des simples coupures d’électricité, c’est le sentiment d’abandon, d’humiliation et d’indifférence qui alimente désormais la frustration des populations. À défaut de réponses concrètes et rapides, ces protestations pourraient progressivement s’étendre à d’autres quartiers du pays.







