
Libreville, le 24 Juillet 2026 – (Dépêches 241). Cinq marchés, un seul attributaire. Depuis 2021, la Direction Générale du Budget et des Finances Publiques (DGBFIP), devenue depuis Direction Générale du Budget (DGB), a versé un total de 4 920 017 581 FCFA à la société marocaine Involys SA, éditrice du logiciel Vectis qui gère le budget et les dépenses de l’État gabonais. Cinq exercices budgétaires consécutifs, cinq contrats, et jamais l’ombre d’un appel d’offres concurrentiel.
Involys SA est une entreprise marocaine cotée à la Bourse de Casablanca, spécialisée depuis plus de trois décennies dans l’édition de logiciels de gestion pour administrations publiques et entreprises privées. Le groupe est présent au Gabon depuis 2012 via une filiale locale, et opère également au Cameroun, au Sénégal, en Tunisie et en Côte d’Ivoire, faisant du pays l’un des marchés les plus anciens et les plus lucratifs de sa présence africaine.
Les cinq contrats recensés portent tous sur l’accompagnement technique, la maintenance et l’extension des fonctionnalités du système Vectis: 972,7 millions FCFA en 2021, 998,9 millions en 2022, 977,3 millions en 2023, 982,8 millions en 2024 et 988 millions pour 2025. Chacun a été attribué selon le mode de l’entente directe, sans mise en concurrence, et signé par la même autorité contractante d’un exercice à l’autre.
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Dans son rapport financier annuel 2022, Involys évoque elle-même, noir sur blanc, des recouvrements significatifs au Gabon ainsi que le développement de nouveaux modules Vectis pour le compte de l’État gabonais, aux côtés d’une distribution de dividendes exceptionnels la même année. Ces éléments, publiés par l’entreprise à destination de ses actionnaires marocains, confirment l’ampleur et la continuité d’une relation contractuelle qui pèse lourd dans les comptes du groupe.
Cette succession ininterrompue de marchés de gré à gré, portant sur un outil aussi sensible que le pilotage budgétaire de l’État, relance la question du recours systématique à l’entente directe pour un même prestataire sur cinq exercices consécutifs, et de l’absence de toute remise en concurrence sur une période aussi longue.







