
Libreville, le 28 mai 2026 – (Dépêches 241). Le 25 mai dernier, l’Afrique célébrait le 63ème anniversaire de la création de l’Organisation de l’Unité Africaine. Une date fondatrice, portée par des pères fondateurs visionnaires qui rêvaient d’un continent uni et souverain.
Soixante-trois ans plus tard, la question mérite d’être posée franchement : le Gabon s’inscrit-il dans une vision panafricaine et quel rôle compte t-il jouer aujourd’hui au sein de l’Union africaine ?
Un thème qui nous interpelle directement
Le thème retenu cette année — « La garantie de la disponibilité durable de l’eau et des systèmes d’assainissement sûrs »— n’est pas étranger pour les Gabonais.
Pilier numéro 1 du Chef de l’Etat, les efforts en matière de distribution d’eau potable et de mise en œuvre des infrastructures d’assainissement doivent permettre de répondre aux besoins importants des populations.
D’Owendo à Akanda, en passant par les quartiers populaires de Libreville, ou encore à l’intérieur du pays, l’accès à l’eau relève encore trop souvent du miracle pour une nation qui regorge pourtant d’importants cours d’eau et de ressources hydriques considérables.
C’est un défi majeur dont l’expérience africaine peut s’avérer utile. Ce thème est donc une opportunité : s’inscrire dans une dynamique continentale, partager nos défis et mobiliser des partenariats. Encore faudrait-il que le Gabon se manifeste et apprenne de ses voisins africains comme l’Afrique du Sud, l’Ethiopie, le Sénégal ou le Rwanda qui ont su depuis le début des années 2000 trouver des réponses concrètes à ce problème.
Un retour sur la scène africaine qui oblige
La réintégration du Gabon au sein de l’UA, sa désignation comme membre du Conseil de Paix et de Sécurité en février dernier, et la tenue à Libreville, le 17 mai, de la 17ème Retraite annuelle du Président de la Commission de l’UA avec ses Hauts représentants sont des signaux forts. Ils témoignent d’une confiance retrouvée — et d’une responsabilité assumée. Elle doit être plus visible et plus audible dans une Afrique qui aspire beaucoup plus qu’hier à une souveraineté réelle.
Où était le Gabon le 25 mai ?
La Journée de l’Afrique s’est déroulée dans un silence assourdissant du côté des institutions gabonaises. Ni communiqué de l’ambassade du Gabon auprès de l’UA. Ni déclaration du ministère des Affaires étrangères.
Pendant ce temps, à Paris, à l’UNESCO, le Groupe africain organisait une Semaine africaine complète. D’autres capitales marquaient l’événement. Et Libreville ?
Être membre du Conseil de Paix et de Sécurité, porter la voix du Gabon sur la ZLECAf, peser dans le débat sur la réforme du Conseil de Sécurité des Nations Unies — tout cela exige une présence, une parole, des propositions.
Le Gabon dispose d’atouts réels. Et d’une diplomatie active et en mouvement. La volonté politique est affichée. Mais elle doit se traduire en visibilité et en engagements concrets sur la scène africaine. L’Agenda 2063 n’attend pas. La voix du Gabon doit compter!







