
Libreville, le 27 mai 2026-(Dépêches 241). Trois ans après le drame de l’Esther Miracle, qui avait profondément bouleversé l’opinion publique gabonaise en 2023, un nouveau naufrage vient raviver les inquiétudes autour de la sécurité maritime dans les eaux gabonaises. Depuis le 24 mai 2026, quatre marins gabonais sont portés disparus après l’immersion d’un convoi maritime au large des côtes de Gamba, dans la province de l’Ogooué-Maritime. Une tragédie qui replonge de nombreuses familles dans l’angoisse et réveille le souvenir encore douloureux d’un précédent naufrage dont les responsabilités judiciaires restent toujours pendantes.
Selon le communiqué officiel lu à la télévision nationale par le vice-amiral Charles Hubert Bekale Meyong, l’accident se serait produit dans la nuit du 23 au 24 mai, entre minuit et une heure du matin. Le convoi maritime concerné était composé d’un remorqueur et d’une barge de type S6 immatriculée BG 32-71, exploitée par la société MTG. Parti de Kango avec une escale à Libreville, l’ensemble faisait route vers Port-Gentil avant de sombrer dans des circonstances qui demeurent encore floues.
À l’annonce du drame, les autorités gabonaises ont immédiatement déclenché une importante opération de secours coordonnée par le Cross maritime. Plusieurs moyens navals et aériens ont été mobilisés afin de retrouver les disparus et localiser les embarcations immergées. Le patrouilleur P665, le remorqueur civil Anicia, une unité rapide de la gendarmerie nationale ainsi qu’un avion de surveillance maritime ALSR ont été déployés dans la zone du naufrage. Une mobilisation qui témoigne de la gravité de la situation et de la volonté des autorités de limiter les conséquences humaines de cette catastrophe.
Les équipes engagées dans les recherches sont parvenues à localiser les deux navires engloutis, mais les quatre membres de l’équipage restent, à ce jour, introuvables. Tous seraient de nationalité gabonaise. Les opérations de recherche se poursuivent dans des conditions particulièrement complexes, avec l’espoir de retrouver au moins des traces permettant d’établir le sort exact des disparus. Pour les familles concernées, l’attente devient de plus en plus éprouvante à mesure que les heures passent.
Au-delà de l’émotion suscitée par ce nouveau drame, cet accident remet au centre du débat la question de la sécurité maritime au Gabon. Le souvenir du naufrage de l’Esther Miracle, qui avait causé la mort de plusieurs passagers et provoqué une onde de choc nationale, demeure encore vivace dans les esprits. Beaucoup s’interrogent désormais sur l’état réel du contrôle des embarcations, des conditions de navigation et des mécanismes de prévention mis en place pour éviter la répétition de telles tragédies.
En attendant les conclusions de l’enquête qui devra déterminer les causes exactes de ce naufrage, le pays retient son souffle. Entre inquiétude, colère et incompréhension, ce nouveau drame maritime rappelle brutalement que la question de la sécurité des transports maritimes reste un défi majeur pour les autorités gabonaises. Trois ans après l’Esther Miracle, les eaux gabonaises viennent une nouvelle fois d’être le théâtre d’une tragédie aux conséquences humaines lourdes et encore incertaines.







