
Libreville, le 21 avril 2026-(Dépêches 241). Dans la nuit de mardi à mercredi dernier, un drame s’est produit à la cité Damas. Une jeune femme nommée Cherone Vanessa Mbouie, 38 ans, aurait trouvé la mort après avoir reçu une balle de la part de son compagnon, Hervé Ndong. Conduite d’urgence dans un établissement sanitaire de la place par ce dernier, elle aurait succombé à ses blessures. Un féminicide de plus qui vient rallonger un peu plus la longue liste de ces femmes tuées chaque année par leurs compagnons au Gabon.
Selon les informations recueillies par nos confrères de L’Union, c’est M. Ndong lui-même qui a conduit la victime à l’hôpital. Sans attendre le diagnostic des médecins sur l’état de santé de sa compagne, il est immédiatement rentré à leur domicile, à la cité Damas, où ils venaient d’aménager. C’est donc l’établissement hospitalier qui aurait déclenché l’alerte auprès des forces de l’ordre et de sécurité, après avoir constaté le décès de la femme des suites de blessures par balle.
Interrogé par les enquêteurs, sieur Ndong aurait affirmé avoir voulu mettre fin à ses propres jours et que Vanessa se serait interposée au moment du tir. Ainsi, selon la déposition de l’intéressé, c’est par héroïsme que la jeune femme aurait trouvé la mort. En voulant empêcher son compagnon de se suicider, c’est sa propre vie qui se serait retrouvée écourtée. Mais ce témoignage semble peu convaincant et suscite de nombreuses interrogations surtout chez la famille.
Pourquoi avoir déposé sa compagne à l’hôpital et être retourné immédiatement à leur domicile ? Et pourquoi, si tant est qu’il s’agissait d’un accident, n’a-t-il pas eu la présence d’esprit d’alerter la police ? Mieux encore, s’il est vrai que l’incident est survenu au moment où il tentait de se suicider, pourquoi n’a-t-il pas poursuivi son geste après avoir déposé la victime à l’hôpital ? Autant de questions que se posent la famille et une partie de l’opinion.
D’ailleurs, de nombreux témoignages de proches semblent aller à rebours de cette version. Selon eux, le couple était sujet à des disputes. Des scènes de violence auraient déjà eu lieu au sein du foyer, rapportent des sources familiales. La jeune femme, a-t-on entendu dire, aurait tenté de quitter son compagnon à plusieurs reprises, sans succès. Elle semblait être sous la menace permanente de celui qui partageait sa vie et voulait avant tout protéger leurs enfants. Malheureusement, l’histoire s’est terminée par un nouveau féminicide, qui aurait pu être évité.
L’enquête ouverte par la Police judiciaire devra établir les faits dans cette affaire. La vérité doit être rétablie afin de rendre justice à cette femme qui ne voulait rien d’autre que vivre. Cette affaire met en lumière les difficultés auxquelles de nombreuses femmes sont confrontées dans les foyers, se retrouvant ainsi prises au piège.
Au-delà de ce drame, c’est toute la question de la prévention des violences conjugales qui est posée avec acuité. Tant que les signaux d’alerte resteront ignorés et que les victimes ne bénéficieront pas de mécanismes de protection efficaces, ces tragédies continueront de se répéter. Il ne s’agit plus seulement de constater, mais d’agir, avec rigueur et responsabilité, pour rompre ce cycle mortifère.







