Pêche de Thon : la fin de la présence des navires européens dans les eaux gabonaises fixée au 29 juin prochain 

Le gouvernement gabonais met fin à la pêche de thon dans les eaux Gabonais avec les navires européens © Dépêches 241

Libreville, le 22 juin 2026 – (Dépêches 241). Après sensiblement trois décennies de partenariat, le Gabon vient de prendre une décision ferme: son accord de pêche avec l’Union Européenne ne sera pas renouvelé. L’information qui a été donnée par Radio France Internationale (RFI) précise que cette décision entrera en vigueur dès le 29 juin 2026. Passé ce moratoire, tous les navires européens devront immédiatement quitter les eaux maritimes gabonaises. 

Les nouveaux dirigeants du Gabon continuent d’afficher, avec une certaine fermeté, leur volonté d’une souveraineté économique sur de nombreux secteurs. C’est aujourd’hui le cas du domaine de la pêche, longtemps resté à la remorque. Jugé déséquilibré, l’accord avec l’Union Européenne devenait insensé pour les nouvelles autorités. Le cas le plus emblématique de cette situation demeure la filière thonière. 

Avec un quart du stock mondial du thon pêché au Gabon, toute la production appartient pourtant à l’UE 

Signé en 1998, l’accord de pêche entre le Gabon et l’UE prévoit que le poisson pêché est enregistré comme production du pays dont le bateau porte le pavillon. Par voie de conséquence, les 320.000 tonnes de thons pêchés par les bateaux européens sont enregistrés comme production européenne, bien que la zone de pêche soit située dans la zone économique exclusive (ZEE) du Gabon. Une situation devenue intenable pour les dirigeants gabonais.

Une compensation financière jugée famélique

L’autre point d’achoppement entre Libreville et Bruxelles s’est longtemps situé sur la compensation financière famélique reversée à l’État gabonais par l’Union Européenne. 2,6 millions d’euros, soit 1,7 milliards de francs cfa, telle est l’enveloppe de la discorde entre les deux parties. En industrialisant la filière thonière du pays et en transformant localement la production, l’État espère inévitablement générer de nombreux emplois pour les populations et créer de la richesse sur place. 

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