
Libreville, le 31 Juillet 2026 – (Dépêches 241). 920 millions de dollars. C’est la somme que le Gabon vient d’aller chercher sur les marchés internationaux. Le communiqué officiel parle de succès, de retour triomphal, de confiance des investisseurs. La réalité est plus brutale : l’État a dû payer 9,375% d’intérêts pour convaincre qui que ce soit de lui prêter de l’argent. C’est le prix d’une signature fragilisée, pas celui d’un pays qui inspire confiance.
Il faut regarder ce chiffre en face. 9,375%, c’est un taux d’usurier pour un État souverain. À titre de comparaison, des pays solides empruntent à 4 ou 5%. Le Gabon, lui, paie le tarif des mauvais payeurs, des États sous surveillance, des signatures qu’on accepte de financer uniquement parce qu’on peut leur faire cracher un maximum d’intérêts en échange du risque pris.
Et pendant que Libreville pavoise à l’international, le vrai signal est resté sous le tapis : le Trésor public n’a pas réussi à lever les 135 milliards de FCFA qu’il cherchait sur le marché régional. Ceux qui connaissent le mieux le Gabon, les investisseurs de la sous-région, ont refusé de mettre la main à la poche. Pas de communiqué triomphal pour cet échec-là. Silence radio.
Ce grand écart dit tout. Sur son propre terrain, en zone CEMAC, le Gabon ne convainc plus personne. Il faut aller chercher des fonds à l’autre bout du monde, auprès d’investisseurs qui ne connaissent du pays que sa fiche de notation et son taux de rendement, pour combler le trou. Et encore faut-il payer le prix fort pour les faire venir.
Faites le calcul simple : 920 millions à 9,375%, c’est environ 86 millions de dollars d’intérêts chaque année. De l’argent qui partira, chaque année, avant même de servir à rembourser un seul arriéré ou financer un seul projet. Le Gabon vient de s’endetter cher pour payer des dettes déjà contractées. La fuite en avant a un prix. Et c’est le contribuable gabonais qui le règle, coupon après coupon, jusqu’en 2033.







