Gabon : Caa2 perspective « négative », Moody’s place le pays à un pas du défaut de paiement

L’agence Moody’s alerte une énième fois sur la situation inquiétante du Gabon qui flirt avec le défaut de paiement © Dépêches 241

Libreville, le 25 Juin 2026 – (Dépêches 241). L’agence de notation américaine Moody’s a révisé mercredi 24 juin 2026 la perspective du Gabon de « stable » à « négative », tout en confirmant la note souveraine à Caa2. Cette décision traduit une détérioration de l’appréciation portée par les marchés financiers internationaux sur la trajectoire de la dette gabonaise. Moody’s identifie trois facteurs de risque convergents : des besoins de financement importants, un accès limité aux sources de financement disponibles et une probabilité croissante de nouveaux échanges de dette que l’agence pourrait qualifier d’opérations en difficulté, c’est-à-dire de défaut de paiement.

La note Caa2 situe déjà le Gabon dans la catégorie des émetteurs à risque élevé sur l’échelle de Moody’s. La révision de la perspective à « négative » signale que cette note pourrait être abaissée à nouveau si les facteurs de risque identifiés se matérialisent. Parmi eux, l’audit exhaustif des emprunts passés annoncé par le gouvernement gabonais constitue une variable particulièrement sensible : Moody’s avertit que cet exercice pourrait mettre au jour des passifs jusqu’ici non déclarés, aggravant d’autant la trajectoire de soutenabilité de la dette déjà jugée préoccupante.

Les développements récents sur le front du financement multilatéral n’ont pas suffi à compenser ces signaux négatifs. Fin avril 2026, le ministère des Finances avait signé un accord de 150 millions de dollars avec la Banque mondiale pour renforcer la discipline des finances publiques, portant l’engagement total de l’institution à 600 millions de dollars. Moody’s reconnaît qu’un programme du FMI pourrait, à terme, améliorer l’accès au financement. Mais les contraintes à court terme persistent : dans les conditions de marché actuelles, une émission de dette sur les marchés internationaux se traduirait mécaniquement par des coûts plus élevés, réduisant d’autant les marges de manœuvre budgétaires.

L’agence prévient que les déficits budgétaires devraient rester élevés à moyen terme, sans que la trajectoire actuelle ne permette d’anticiper une correction significative à court horizon. Pour les investisseurs et les créanciers du Gabon, la combinaison d’une note Caa2 et d’une perspective négative constitue un signal de prudence renforcée sur l’exposition souveraine gabonaise, dans un contexte où le pays cherche précisément à mobiliser de nouveaux financements pour ses infrastructures de base.

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