
Libreville, le 16 juillet 2026-(Dépêches 241) L’attente n’aura finalement duré que quelques heures. Alors que le président de la Fédération gabonaise de football (FEGAFOOT), Pierre Alain Mounguengui, avait annoncé, à l’issue du championnat national U15 disputé à Lambaréné, qu’il dévoilerait le nom du nouveau sélectionneur des Panthères le 15 juillet, la Fédération a finalement officialisé ce mercredi la nomination du technicien français Sébastien Migné à la tête de l’équipe nationale du Gabon. Un léger report, motivé par des considérations contractuelles, aura précédé cette annonce très attendue.
Dans un communiqué publié ce 15 juillet, la FEGAFOOT explique que Sébastien Migné s’est séparé officiellement, d’un commun accord et à l’amiable, de la sélection haïtienne au lendemain de la Coupe du monde 2026. Soucieuse de respecter les clauses contractuelles liant encore le technicien à son ancien employeur, l’instance dirigeante du football gabonais avait choisi de différer l’officialisation de sa nomination. La Fédération précise toutefois que le nouvel entraîneur a depuis obtenu sa lettre de libération et finalisé les derniers détails de son engagement avec le Gabon.
En l’absence de Sébastien Migné, actuellement occupé à constituer son staff technique, c’est le président de la FEGAFOOT, Pierre Alain Mounguengui, qui a animé une conférence de presse hier mercredi à 16 heures, au siège de la Fédération à Owendo, afin de présenter les contours de ce choix et les ambitions assignées au nouveau sélectionneur.
Âgé de 54 ans, Sébastien Migné arrive au Gabon avec un parcours riche sur le continent africain. Ancien adjoint de Jean-Pierre Papin puis de Claude Le Roy, il a notamment exercé à Strasbourg, Lens, Oman, en République démocratique du Congo, au Congo, au Togo, avant de prendre son envol en 2017 comme sélectionneur des Diables Rouges. Son expérience s’est ensuite enrichie de passages au Kenya, en Guinée équatoriale et au Cameroun, avant de prendre les rênes de la sélection haïtienne en mars 2024. À la tête des Grenadiers, il est parvenu à qualifier Haïti pour la Coupe du monde 2026, une performance qui a largement contribué à convaincre les dirigeants gabonais.
Cette nomination met ainsi un terme à plusieurs mois de spéculations, ouvertes depuis le départ de Thierry Mouyouma après l’élimination des Panthères de la Coupe d’Afrique des nations. Plusieurs profils avaient été évoqués, mais la FEGAFOOT a finalement misé sur un entraîneur expérimenté, reconnu pour sa connaissance du football africain et sa capacité à bâtir des projets compétitifs.
Un choix par défaut, entre regret et résignation
Ce qui aurait pu passer pour une simple formalité protocolaire a pris, hier, des allures d’aveu. Interrogé sur les raisons ayant présidé à la rupture avec Thierry Mouyouma, Pierre Alain Mounguengui n’a pas cherché à travestir sa pensée : « Si cela ne dépendait que de moi, l’entraîneur du Gabon serait toujours Thierry Mouyouma », a-t-il laissé tomber, sans détour, devant une salle visiblement surprise par la franchise de la confidence. Une déclaration qui, venant du premier magistrat du football gabonais, ne relève pas de l’anecdote, elle éclaire d’un jour nouveau les tractations qui ont émaillé, des mois durant, la succession du technicien gabonais.
Le vice-président de la CAF, refusant cette fois de se réfugier dans la langue de bois habituelle aux communiqués fédéraux, est allé plus loin encore dans l’aveu à peine voilé : « C’est l’un des meilleurs entraîneurs sur le continent. C’est dommage qu’on s’en soit séparé », a-t-il ajouté, comme pour mieux souligner le caractère contraint, sinon regretté, de cette séparation.
Dès lors, la nomination de Sébastien Migné, aussi solide soit son curriculum vitae, apparaît moins comme l’aboutissement d’un projet mûrement choisi que comme la meilleure option disponible une fois la porte Mouyouma définitivement refermée, un choix par défaut assumé à demi-mot par celui-là même qui en a scellé le principe.







