Découverte de l’axe Mbigou-Malinga: GMTtv donne la parole à ceux que les médias publics entendent rarement

Harold Leckat, Patron de GMTtv.© Dépêches 241

Libreville, le 16 juillet 2026-(Dépêches 241). Dans un reportage réalisé il y a peu, GabonmediaTime TV (GMTtv), une web télévision indépendante, s’est donnée pour tâche de raconter le quotidien des populations vivant sur l’axe Mbigou-Malinga. Un périple qui aurait permis de donner la parole à ceux que les médias d’État, puissamment subventionnés par l’argent public, ne vont quasiment jamais écouter.

Mbigou-Malinga, deux localités du sud-centre du Gabon, séparées par une centaine de kilomètres, viennent d’être parcourues par Harold Leckat et les équipes de GabonmediaTime TV (GMTtv). Au cœur de cette démarche, exposer les difficultés vécues depuis plusieurs décennies par les populations vivant sur cet axe. De Kambamongo à Baposso en passant par Dienga, Bolapessa, Lélendé ou encore Levinda, les riverains racontent la même histoire: l’abandon progressif et insensible de l’État.

Aussi, ont-ils découvert à Kambamongo, un dispensaire fermé depuis de nombreuses années. À Dienga, un village avec beaucoup de hauts cadres, une école fermée et envahie par les hautes herbes. À Bolapessa, un jeune diplômé nommé Fred Leckanda, revenu s’installer au village par manque d’opportunités en ville. À Baposso, un village autrefois prospère, qui lutte aujourd’hui contre l’exode rural, le manque de réseau téléphonique et les pachydermes qui détruisent les cultures des villageois.

Une initiative qui invite au questionnement sur les médias publics au Gabon

Le périple des équipes de GabonmediaTime TV (GMTtv) soulève de nombreuses interrogations sur les innovations éditoriales des chaînes de télévision nationales. Comment raisonnablement expliquer qu’avec les multiples investissements de l’État dans le secteur de l’audiovisuel public, les principaux médias publics en soient toujours incapables de produire des récits, des documentaires, des interviews ou reportages sur les difficultés rencontrées par les populations dans l’hinterland ?

Cette question peinerait à fournir des réponses adaptées car, depuis de nombreuses années, les gouvernements successifs semblent n’ avoir jamais ménagé leurs efforts pour assurer au médias publics l’essentiel pour un épanouissement professionnel minimum: bâtiments flambant neufs, équipements dernier cri, effectifs renforcés, véhicules de service, budgets de fonctionnement.

La télévision publique ne saurait se limiter à une couverture institutionnelle

Cette immersion d’Harold Leckat et de ses équipes dans les confins du Gabon rappelle avec insistance les principales missions d’un média: aller sur le terrain, récolter les informations, les documenter, les rendre visibles, afin que l’opinion publique soit informée de ce que vivent les populations.

À travers ce reportage, la web télévision privée GMTtv, montre qu’il est possible d’aller dans le Gabon profond, sans gros moyens, et raconter fidèlement le quotidien des Gabonais, de mettre en lumière les fractures territoriales, de révéler les difficultés des villages sans dispensaires, des écoles rurales fermées, des cultivateurs confrontés aux éléphants, des populations privées de réseau téléphonique ou de soins de proximité.

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