Hôpital de Melen: 108,9 millions FCFA empochés par Somisep depuis 2021, pour des pavillons psychiatriques qui n’ont jamais vu le jour

Comment se fait-il qu’une entreprise ayant décroché un marché depuis 5 ans, n’ait jamais entamé le chantier pour lequel il a soumissionné ? © Dépêches 241

Libreville, le 16 Juillet 2026 – (Dépêches 241). En septembre 2021, la société Somisep remporte, cette fois par appel d’offres ouvert, le marché de réhabilitation de trois pavillons de l’hôpital psychiatrique de Melen. Le contrat, d’un montant de 108.891.567 FCFA, est financé sur le budget 2021 du ministère de la Santé et devait permettre une remise à niveau rapide des infrastructures existantes, en attendant la construction d’un nouvel établissement.

Contrairement au marché confié plus tard à BCC, celui obtenu par Somisep a suivi une procédure concurrentielle classique, régulière, ce qui aurait pu laisser espérer une exécution plus rigoureuse et un contrôle plus serré de la qualité des travaux. Mais près de cinq ans après l’attribution du contrat, le constat sur le terrain reste sans appel, aucune amélioration tangible n’est visible sur les trois pavillons visés par cette réhabilitation.

Les patients pris en charge dans ces structures continuent d’évoluer dans des conditions matérielles inchangées, malgré l’engagement de plus de 100 millions FCFA d’argent public voilà cinq ans. Pour un secteur aussi sensible que la santé mentale, où l’environnement de soin conditionne directement la qualité de la prise en charge, cette immobilité pose une question de fond sur l’utilisation réelle des fonds alloués.

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Aucun rapport d’exécution, aucun état des lieux post-travaux, aucune communication du ministère de la Santé n’est venu, depuis 2021, éclairer les usagers ou les contribuables sur le sort réservé à ce marché. L’entreprise Somisep, de son côté, n’a fait l’objet d’aucune relance ou sanction publique connue concernant l’inexécution apparente de ses engagements contractuels.

Ce dossier illustre une réalité plus large de la commande publique gabonaise dans le secteur de la santé. Des marchés attribués, des montants décaissés, mais un suivi d’exécution quasi inexistant, qui prive les citoyens de tout moyen de vérifier si l’argent public a effectivement servi l’intérêt général. 

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Au-delà des enjeux de gouvernance et de bonne gestion des deniers publics, l’absence apparente de réhabilitation de ces pavillons a des conséquences directes sur les patients qui y sont accueillis. Des infrastructures vétustes, insuffisamment adaptées ou dégradées peuvent compromettre les conditions d’hébergement, la sécurité, le confort ainsi que la qualité de la prise en charge thérapeutique. 

Dans un domaine aussi sensible que la santé mentale, où le cadre de soins constitue un élément essentiel du processus de rétablissement, chaque retard ou défaillance dans l’exécution des investissements publics est susceptible d’affecter les personnes les plus vulnérables. Cette situation souligne l’importance d’un suivi rigoureux des marchés publics et d’une évaluation transparente de leur exécution, afin que les ressources mobilisées produisent effectivement les bénéfices attendus pour les patients et pour le système de santé dans son ensemble.

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