Mbigou : Moov Africa Gabon Telecom vend des gigas sur un réseau inexistant 

À Mbigou, les populations achètent les gigas et du crédit pour une connexion exécrable © Dépêches 241

Libreville, le 25 août 2026 – (Dépêches 241). À Mbigou, chef-lieu du département de la Boumi-Louetsi, dans la province de la Ngounié, disposer d’un téléphone chargé en crédit ne garantit ni de pouvoir appeler correctement ni d’accéder convenablement à Internet. Les populations continuent pourtant d’acheter forfaits, unités et données mobiles auprès de Moov Africa Gabon Telecom. Face à une qualité de service dénoncée depuis des mois, l’ARCEP demeure singulièrement silencieuse. Un mutisme qui interpelle directement son président du Conseil de régulation, Célestin Kadjidja : à quoi sert un régulateur s’il ne contrôle pas le service effectivement vendu aux consommateurs ?

En 2026, téléphoner depuis Mbigou peut encore relever d’un exercice de patience. Le réseau apparaît, disparaît, revient quelquefois et permet, lorsque les astres télécoms sont correctement alignés, de passer un appel ou d’ouvrir une page Internet. Pendant ce temps, les habitants, eux, continuent normalement de payer. Le crédit acheté ne disparaît pas au rythme du réseau et les forfaits Internet ont une durée de validité qui, elle, fonctionne parfaitement.

La situation serait presque cocasse si les communications électroniques n’étaient pas devenues indispensables à l’activité économique, à l’administration, aux études, aux urgences sanitaires, aux transactions financières et tout simplement à la vie quotidienne.

Mbigou, commune depuis 1996 mais toujours à la loterie du réseau

Il ne s’agit pourtant pas d’un hameau perdu au fond de la forêt. Mbigou est le chef-lieu du département de la Boumi-Louetsi et une commune depuis 1996. On y trouve une préfecture, une mairie, des administrations, des établissements scolaires, des commerçants et des milliers d’usagers qui ont exactement les mêmes besoins numériques que ceux de Libreville, Port-Gentil ou Franceville.

Comment expliquer qu’en 2026 une population vivant dans un chef-lieu départemental puisse encore être soumise à une couverture aussi aléatoire ? Le Gabon a consacré, au fil des années, d’importants investissements au développement des infrastructures de télécommunications et à l’extension de la couverture du territoire. Ces efforts devraient précisément permettre de réduire la fracture numérique entre Libreville et l’intérieur du pays.

Moov Africa Gabon Telecom ne peut donc pas simplement commercialiser des services à Mbigou comme si leur fourniture effective était facultative. Lorsqu’un consommateur achète un forfait Internet, il achète un service. Pas l’espoir d’obtenir éventuellement quelques barres de réseau avant l’expiration de son forfait.

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