Cessation abusive de contrats et 4 mois d’arriérés de salaires: le licenciement sauvage subi par plusieurs agents de la mairie de Mitzic

La Mairie de Mitzic, dans le Woleu-Ntem, se trouve au cœur d’une vive polémique liée à une rupture de contrats de plusieurs agents.© Dépêches 241

Libreville, le 29 août 2026-(Dépêches 241). La nouvelle est tombée comme un couperet pour eux: une trentaine d’agents de la mairie de Mitzic, dans le Woleu-Ntem, viennent d’être abusivement remerciés par le conseil municipal de la ville, conduit par Marius Bekale Ngoua. Sans préavis raisonnable, leurs contrats de travail ont connu une interruption brusque et inexpliquée, avec en prime, quatre mois d’arriérés de salaires. Une situation qui plonge les intéressés dans un profond désarroi, à quelques jours seulement de la rentrée scolaire.

Plusieurs agents de la mairie de Mitzic viennent de voir leur loyauté et leur dévouement au travail, récompensés par le mépris des lois et de la dignité humaine. Ceux qui ont consacré leur temps, leur énergie et leurs compétences au service de la municipalité, ont simplement vu la confiance qu’ils avaient placée dans l’institution être brutalement brisée. Aujourd’hui, ils font face à deux fautes majeures, commises par leur administration: un non-paiement prolongé de salaires et une rupture abusive de contrat.

Travailler sans être rémunéré n’est pas seulement une infraction au Code du travail gabonais, c’est également le déni d’un droit élémentaire. Pendant des mois, tous ces agents ont continué d’exécuter leurs tâches avec rigueur, croyant aux promesses de régularisation de leur situation par les autorités municipales. En réponse, la mairie de Mitzic a accumulé les arriérés de salaires, les plongeant volontairement ou pas, dans une précarité financière inacceptable.

Comme si l’asphyxie financière ne suffisait pas, le Maire de Mitzic, Marius Bekale Ngoua, a mis fin au contrat de manière soudaine et inexpliquée. Sans motif réel et sérieux connu à ce jour, sans respect des procédures légales ni des délais de préavis, plusieurs agents viennent d’être jetés à la porte du jour au lendemain. Cette rupture abusive de contrat ne répondrait à « aucune logique économique ou disciplinaire valable documentée aujourd’hui », a avancé un des agents contacté par la rédaction de Dépêches 241.

La mairie de Mitzic ne peut donc pas s’affranchir du droit de manière unilatérale. On ne peut pas exploiter la force de travail des agents, refuser de les payer, puis effacer son infraction par un licenciement sauvage. Il appartient au conseil municipal de verser préalablement à ces personnes, et de manière intégrale, l’ensemble des arriérés de leurs salaires, assorti des intérêts de retard, le paiement des indemnités légales liées à la rupture abusive du contrat.

Joint au téléphone, un des principaux responsables du conseil municipal reconnaît les arriérés de salaires. « Oui il y a des arriérés de salaires, mais il ne s’agit pas de quatre mois comme ils le disent, mais plutôt de deux, car nous avons déjà payé deux mois », a-t-il d’abord déclaré au bout du fil.

Au sujet de la cessation des contrats, il a expliqué qu’« il s’agit des contrats de trois mois, renouvelable à souhait par le bureau du conseil municipal. Arrivés à terme, si l’institution n’est pas satisfaite du rendement de certains agents, elle est libre de ne pas renouveler les contrats, et c’est ce qui s’est passé », a-t-il renchéri.

Pour rappel, toute cessation de contrat implique obligatoirement le paiement des droits dus. À défaut, il conviendrait pour les différentes parties de s’accorder sur un moratoire de règlement. Or, selon les agents concernés, aucune des deux options n’est effective aujourd’hui. Réclamer leur dû n’est donc pas une faveur que la mairie de Mitzic ferait à ces agents, c’est tout simplement rappeler, avec fermeté, qu’aucun employeur n’est au-dessus des lois et que le travail humain exige une rémunération et du respect.

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