L’ambassadeur du Gabon à Paris sous la menace d’une expulsion : quand la diplomatie gabonaise s’offre au discrédit

À Paris, la représentation du Gabon se retrouve au cœur d’une situation qui pourrait sérieusement ternir son image © Dépêches 241

Libreville, le 9 septembre 2026 – (Dépêches 241). Le représentant de la République gabonaise en France Alfred Nguia Banda ferait aujourd’hui l’objet d’une procédure d’expulsion de son propre domicile parisien, pour une dette locative de 9 749,13 euros, soit près de 7 millions  FCFA,  impayée depuis novembre 2024. L’information, rapportée par AfriScope Media et Africa Intelligence, expose au grand jour une défaillance qui dépasse largement le cas d’un homme car c’est l’image même du Gabon à l’étranger qui vacille et qui s’offre au discrédit. 

Qu’un ambassadeur, chargé de porter la voix et le prestige de son pays sur l’une des scènes diplomatiques les plus exposées au monde, en soit réduit à négocier avec un bailleur faute de règlement, interroge frontalement la gestion des affaires extérieures gabonaises. Comment expliquer qu’une créance de cette ampleur, modeste au regard des budgets de représentation de l’État, ait pu s’accumuler pendant près de deux ans sans que le ministère des Affaires étrangères n’intervienne ? S’agit-il d’un défaut de versement des indemnités de fonction, d’une carence administrative, ou d’un simple désintérêt pour le sort de ses représentants une fois nommés ? Le silence des autorités compétentes, à ce stade, ne fait qu’aggraver le malaise.

Au-delà du cas individuel, c’est un symptôme plus large qui se donne à voir. Celui d’une diplomatie gabonaise fragilisée, incapable d’assurer à ses agents les conditions matérielles minimales de leur mission. Un ambassadeur harcelé par une procédure locative n’est plus en position de force pour défendre les intérêts économiques, politiques ou culturels du Gabon face à ses interlocuteurs français.

Le gouvernement en premier lieu la ministre des Affaires Étrangères Marie Edith Tassyla-Ye-Doumbeneny, est attendu sur cette situation tout autant qu’un règlement immédiat de cette créance, sous peine de voir chaque ambassade gabonaise perçue, à l’étranger, comme une vitrine de désorganisation plutôt que de souveraineté.

Il devient urgent que les autorités de la Ve République , promptes à revendiquer un nouveau souffle diplomatique, démontrent qu’elles savent aussi honorer les obligations les plus élémentaires envers ceux qui portent le drapeau national hors de ses frontières.

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