
Libreville, le 2 octobre 2026-(Dépêches 241) La Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG) semble ne plus se cacher de son incapacité à fournir de l’électricité à la population gabonaise. Pour s’en convaincre, rien de plus évident : la ville de Mouila est plongée dans l’obscurité totale depuis 40 heures en l’espace de 48 heures. Une situation particulièrement préoccupante pour les ménages et les opérateurs économiques, qui en appellent aux autorités compétentes, mais surtout à la première institution du pays, afin que les mesures nécessaires soient prises dans l’urgence.
Il y a comme un paradoxe dans le fonctionnement de la Société d’énergie et d’eau du Gabon : plus le peuple crie, plus les délestages s’intensifient. Plus on approche de 2027, année au cours de laquelle la SEEG et les plus hautes autorités de l’État ont promis la fin des délestages dans le pays, plus les coupures s’installent comme une trahison. Ces dernières 24 heures, outre Libreville, qui subit au moins trois coupures d’électricité par jour depuis le 13 septembre, c’est la ville de Mouila, chef-lieu de la province de la Ngounié, qui en est totalement privée depuis 40 heures. De façon continue, les populations de la ville de Mouila sont abandonnées à elles-mêmes, dans l’obscurité absolue, et ce, dans un silence frisant l’indifférence et le mépris total de la SEEG.
Mouila plongée dans le noir, le ras-le-bol grandit
Certes, il ne se passe plus une journée sans qu’il y ait des coupures d’électricité au Gabon, quelle que soit la province dans laquelle on se trouve. Toutefois, ce qui se passe à Mouila n’est que le symbole d’une société dont l’incompétence n’est plus à démontrer. Bien au contraire, ce qui, sous d’autres cieux, aurait été un motif suffisant pour mettre en œuvre des mécanismes permettant de mettre fin à ces interruptions répétées de l’alimentation électrique semble être considéré par l’État, en tant qu’actionnaire majeur, et par la société elle-même comme une compétence.
La pénurie d’électricité est si difficile qu’il devient presque inédit de passer une journée entière avec une alimentation électrique continue. Et au regard de la recourence des coupures, la situation ne semble préoccuper ni les autorités ni la SEEG. Ce qui fait dire à une partie de l’opinion que les problèmes de la SEEG seraient entretenus. Le comble, c’est qu’à la fin de chaque mois, la clientèle se retrouve à payer des factures parfois supérieures aux sommes dues pour un mois au cours duquel la consommation aurait été à peu près normale.
Des délestages qui mettent à nu la crise énergétique
Le cri d’alarme des populations de la ville de Mouila devrait sans doute interpeller les plus hautes autorités, en tête desquelles le président Oligui Nguema, qui semble nourrir l’ambition de redonner au Gabon sa souveraineté sur les matières premières, en transformant notamment le manganèse et bien d’autres ressources à l’horizon 2031.
Or, une telle ambition ne saurait être réalisée si le pays ne dispose pas d’une quantité d’énergie suffisante. Il est donc souhaitable que toutes les mesures permettant au Gabon de parvenir à l’autosuffisance en électricité soient prises. Sans quoi, quelles que soient les ambitions et les promesses des autorités, rien de concret ne sera observable sur le terrain.
L’urgence d’une réponse à la hauteur des enjeux
Libreville depuis toujours, Mouila depuis 48 heures : ce sera le tour de quelle province demain ? Les impératifs de bonne gouvernance, le respect de la Constitution, qui a fait de l’eau et de l’électricité des droits fondamentaux, ainsi que les enjeux liés à la diversification de l’économie du pays imposent un certain sérieux dans la fourniture d’électricité aux ménages et aux opérateurs économiques. Il n’est plus tolérable que la SEEG, dont l’incompétence et l’incapacité à fournir le minimum exigible sont devenues notoires, continue de bénéficier du monopole du marché, alors que l’État a la possibilité de l’ouvrir à d’autres investisseurs, qu’ils soient nationaux ou étrangers.
In fine, la situation de Mouila met une nouvelle fois en lumière l’urgence d’une réponse concrète à la crise énergétique que traverse le Gabon. Au-delà des promesses et des échéances annoncées, les populations attendent des actes, des investissements et des solutions durables. Car sans une fourniture régulière d’électricité, ni les conditions de vie des ménages ni le développement des activités économiques ne pourront s’améliorer.
Face à la répétition des délestages, les autorités et la SEEG sont désormais attendues sur leur capacité à garantir un service public à la hauteur des besoins et des attentes des Gabonais.







