Gabon: deux missions du FMI en sept mois, mais toujours pas de négociations ouvertes sur un nouveau programme

Après deux missions et l’audit de la dette, le Gabon attend toujours l’ouverture des négociations avec le FMI © Dépêches 241

Libreville, le 2 Octobre 2026 – (Dépêches 241). Le calendrier fixé à Libreville n’a pas été tenu. Le 26 février 2026, au moment de la première mission du Fonds monétaire international, la présidence gabonaise indiquait que le chef de l’État avait demandé au ministre de l’Économie et des Finances d’« accélérer les travaux préparatoires » afin d’aboutir à la signature d’un programme avec le FMI au plus tard en mai 2026. Sept mois plus tard, après deux missions conduites par Aliona Cebotari, le programme n’est toujours pas entré dans sa phase de négociation formelle.

La première séquence, organisée du 25 février au 6 mars 2026, avait déjà porté sur les développements macroéconomiques, les politiques publiques et la mise en œuvre du programme national de développement. Le FMI avait alors insisté sur « l’importance cruciale » de politiques budgétaires et financières prudentes et annoncé la poursuite du dialogue avec Libreville. Il n’était déjà pas question, à ce stade, d’un accord ou d’une négociation formelle de programme.

La deuxième mission, du 14 au 25 septembre, est allée plus loin dans les dossiers examinés. Les services du FMI ont travaillé sur les conclusions de l’audit de la dette publique, l’évolution des finances publiques, les perspectives budgétaires et les projets de politique pour 2027. Ils ont également examiné le programme de réformes structurelles destiné à améliorer la gestion des finances publiques. Mais la formulation retenue par le Fonds demeure sans ambiguïté : les discussions techniques doivent encore se poursuivre « afin de préparer le terrain » pour de futures négociations.

Entre les deux missions, Libreville a pourtant avancé sur l’un des dossiers majeurs réclamés dans le dialogue avec ses partenaires, l’audit de la dette et des passifs exigibles de l’État. Lancé le 17 juin 2026, cet exercice s’est achevé  le 14 septembre, au moment même où débutait la seconde mission du FMI. Le gouvernement affirme disposer désormais d’une situation consolidée de ses engagements au 31 décembre 2025. Le communiqué du Fonds confirme avoir étudié les conclusions de cet audit, mais il ne reprend aucun de ses chiffres et n’en formule aucune validation publique.

L’enjeu dépasse désormais le seul audit. Le projet de budget 2027 repose sur 6 223,1 milliards FCFA de ressources, dont seulement 3 291,7 milliards de recettes de l’État et 2 931,4 milliards de ressources de trésorerie et de financement. Le gouvernement indique lui-même vouloir conclure et mettre en œuvre en 2027 un programme de réformes économiques avec les partenaires techniques et financiers afin de stabiliser le cadre macroéconomique et financier. Le dialogue avec le FMI intervient donc au moment où près de la moitié des ressources inscrites au projet budgétaire relève du financement et de la trésorerie.

La chronologie laisse ainsi apparaître un décalage entre le calendrier initial de Libreville et celui du processus avec le FMI. Un accord était souhaité avant fin mai ; fin septembre, aucun calendrier de négociation, aucun montant de programme et aucune date d’accord ne sont annoncés. Cela ne signifie pas que les discussions ont échoué : le FMI indique au contraire qu’elles vont se poursuivre. Mais, après deux missions et un audit de la dette achevé, le Gabon reste encore dans l’antichambre des négociations qu’il espérait ouvrir plusieurs mois plus tôt. 

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