
Libreville, le 5 octobre 2026 – (Dépêches 241). Le précédent budgétaire invite à regarder les 6 223,1 milliards FCFA prévus pour 2027 avec davantage d’attention. À l’automne 2025, le gouvernement avait bâti le budget 2026 sur une enveloppe de 7 233,3 milliards FCFA, assortie d’un besoin de financement évalué alors à 3 213,3 milliards. Quelques mois plus tard, la loi de finances rectificative 2026 a ramené l’équilibre général à 5 495,2 milliards FCFA : une réduction de 1 738,1 milliards, soit environ 24 % par rapport au montant initialement annoncé.
Le projet 2027 repart à la hausse : 6 223,1 milliards FCFA, soit 727,9 milliards de plus que la LFR 2026, une progression de 13,2 %. Mais cette nouvelle enveloppe reste encore inférieure d’un peu plus de 1 000 milliards FCFA, soit près de 14 %, au budget de 7 233,3 milliards initialement programmé pour 2026. Cette comparaison montre surtout combien le cadrage budgétaire gabonais peut évoluer entre l’annonce initiale et les possibilités de financement effectivement retenues quelques mois plus tard.
La composition de la hausse prévue en 2027 mérite encore davantage d’attention. Les recettes de l’État progresseraient seulement de 3 243,5 milliards à 3 291,7 milliards FCFA, soit 48,3 milliards supplémentaires. Dans le même temps, les ressources de trésorerie et de financement bondiraient de 2 251,8 milliards à 2 931,4 milliards, soit 679,6 milliards de plus. Autrement dit, plus de 93 % de l’augmentation globale du budget 2027 par rapport à la LFR 2026 provient de l’accroissement prévu des ressources de financement, et non de la progression des recettes publiques.
C’est dans ce contexte que le FMI vient d’examiner les « projets de politique budgétaire pour 2027 ». Le communiqué publié à l’issue de la mission du 14 au 25 septembre ne dit cependant ni que le Fonds a approuvé le cadrage retenu, ni qu’il a validé les hypothèses de recettes ou de financement. Il indique au contraire que les discussions techniques sur les finances publiques, la dette et leurs perspectives devront se poursuivre dans les semaines suivantes avant même l’ouverture des négociations sur un programme.
Le budget repose parallèlement sur plusieurs hypothèses économiques fortes : une croissance de 4,5 %, une hausse de 4,1 % de la production pétrolière à 11,3 millions de tonnes, malgré un prix du pétrole gabonais attendu en baisse de 80 à 70 dollars le baril. Le gouvernement anticipe également une progression de 45 % du prix du manganèse, une production de manganèse en hausse de 8,6 % et le démarrage de la production de minerai de fer à hauteur de 1,5 million de tonnes. Leur réalisation conditionnera une partie du cadre économique sur lequel reposent les recettes attendues.
Le parallèle avec 2026 ne permet pas d’affirmer que le budget 2027 connaîtra nécessairement une nouvelle révision à la baisse. Il met toutefois en évidence le principal point de surveillance : la capacité à transformer les 2 931,4 milliards FCFA de ressources de financement inscrites au projet en financements effectivement mobilisés. L’expérience de 2026, combinée au fait que le FMI n’est encore qu’au stade des discussions techniques, donne ainsi au projet de loi de finances 2027 une marge d’incertitude que son montant nominal de 6 223,1 milliards ne suffit pas à mesurer.







