Gabon : cet audit qui identifie près de 13 000 agents fantômes et 105 milliards FCFA d’économies potentielles

Derrière les 105 milliards FCFA d’économies potentielles, la question de l’efficacité des contrôles administratifs © Dépêches 241

Libreville, le 5 Octobre 2026 – (Dépêches 241). La Banque mondiale rapporte dans sa Revue des Finances Publiques du Gabon 2026 qu’un audit récent de la fonction publique a identifié environ 13 000 agents fantômes. Selon les estimations du gouvernement reprises par l’institution, leur suppression du fichier de paie pourrait représenter jusqu’à 105 milliards FCFA d’économies. 

Le chiffre intervient dans un environnement où la masse salariale absorbe une part importante du budget. En 2024, les rémunérations représentaient 27 % des dépenses publiques et environ 7,1 % du PIB. La maîtrise des effectifs devient donc un enjeu budgétaire directement lié à la capacité de l’État à financer d’autres politiques publiques. 

La structure même des effectifs interroge. Environ 45 % des agents publics travaillent dans l’administration générale, contre 27 % dans l’éducation et 27 % dans la santé et les services sociaux. Le salaire annuel moyen dans le secteur public est évalué à 4,1 millions FCFA, contre environ 2,3 millions dans le secteur privé. 

Pour la Banque mondiale, l’enjeu ne consiste donc pas uniquement à réduire mécaniquement les effectifs. L’institution recommande d’améliorer la gestion de la masse salariale, de sécuriser les fichiers administratifs et de mieux aligner les ressources humaines sur les besoins des services. Les réformes correspondantes pourraient générer des économies évaluées à environ 0,8 % du PIB. 

Le nombre de 13 000 agents fantômes pose toutefois une question plus large que les seules économies attendues. Si un effectif de cette ampleur a pu rester enregistré dans les fichiers de rémunération, l’enjeu porte aussi sur la qualité des contrôles administratifs qui existaient avant l’audit et sur les mécanismes nécessaires pour empêcher la reconstitution progressive de telles anomalies.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*