
Libreville, le 11 Octobre 2025 – (Dépêches 241). Interpellé le 10 septembre par un commando encagoulé de la Direction de la Sûreté Publique, Gerrard Bissielo, président du Collectif de la cité Bangol, est depuis lors gardé à vue à la Direction Générale de la Sûreté Urbaine (DSU) de la Police Natilnale. Son tort ? Avoir accompagné un expert judiciaire sur des terres dont lui et des centaines de familles gabonaises ont été expropriés par la SCI KMJ. Une garde à vue qui, au vu des faits rapportés, ressemble moins à une procédure qu’à une opération d’intimidation.
Gerrard Bissielo dort depuis son arrestation hier dans les locaux de la Direction Générale de la Sûreté Urbaine. Selon les témoignages recueillis auprès des membres du Collectif, il y a été conduit par les éléments de la DSP, après une interpellation d’une rare brutalité inouïe menée par des hommes cagoulés, armés de Famas et de fusils à pompe, sur une voie privée construite par les membres du Collectif et hors du périmètre gardé par les policiers. Des membres du Collectif, dont des femmes du troisième âge, ont été frappés et gazés. Pour une simple visite d’expertise ordonnée par le tribunal de Ntoum après une décision d’avant dire droit.
Quel chef d’accusation contre Gerrard Bissielo ?
Reste une question que tout citoyen est en droit de poser : de quoi accuse-t-on cet homme ? Les faits connus ne laissent entrevoir aucune infraction. Gerrard Bissielo n’a pas détruit, pas volé, pas menacé. Il se trouvait sur ses terres, aux côtés d’un expert commis par une juridiction, dans le cadre d’une mesure régulière. Rébellion ? Trouble à l’ordre public ? Occupation illégale ? Quel chef d’accusation retient-on contre le citoyen qui réclame justice pour lui et les membres de ce collectif en contentieux avec la SCI KMJ de Éric Enoch Tanguy Mboma Loemba
Aucun de ces griefs ne résiste à l’examen d’une scène où les seuls à avoir fait usage de la force sont les agents eux-mêmes. À ce stade, aucun chef d’accusation clair n’a été communiqué publiquement. Or une privation de liberté sans motif précis est une atteinte grave aux droits les plus élémentaires.
Tanguy Loemba Mboma sur le théâtre des opérations : coïncidence ou scénario ?
C’est là que l’arbitraire se dessine. Des agents qui retiennent pendant des heures une délégation , un commando encagoulés et armé qui surgit à la place de la hiérarchie attendue, un président de collectif arrêté, puis placé en garde à vue, la mécanique a tout d’une opération préparée. Plus troublant encore, selon plusieurs témoins, Éric Enoch Tanguy Mboma Loemba, responsable de la SCI KMJ, était présent sur les lieux pendant l’intervention du commando. Que faisait-il là alors que la police disait n’avoir reçu un information de la hiérarchie sur la visite de l’expert judiciaire.
Pourquoi un acteur privé, partie adverse au litige, assiste-t-il à l’arrestation du chef de file de ses contradicteurs ? Coïncidence, ou scénario réglé d’avance ? L’interrogation est d’autant plus légitime que la présence de cet homme sur un théâtre d’opérations policières n’a aucune justification légale.
Intimider pour faire taire : l’abus d’autorité érigé en méthode
Derrière la bavure, il y a un message, celui qui ose faire valoir ses droits face à un puissant s’expose à la matraque, au gaz, puis à la cellule. Le but paraît clair, décapiter le Collectif, faire peur aux familles, décourager les futurs recours. Ce serait un abus d’autorité caractérisé, et une dérive que la Ve République, qui a promis la primauté du droit, ne saurait tolérer.
Nous exigeons la communication immédiate des motifs de la garde à vue de Gerrard Bissielo, sa libération s’il n’existe aucune charge sérieuse, et l’ouverture d’une enquête sur l’intervention de la DSP. Nos colonnes restent ouvertes à la police nationale, à la SCI KMJ et à son responsable pour toute réponse.







