Football: à douze jours du coup d’envoi, une Task Force invoquée et le championnat national suspendu

Attendu le 24 octobre, le championnat National ne se jouera pas à cette en raison des mesures prises par l’Etat à travers la tutelle et la LINAF © Dépêches 241

Libreville, le 13 octobre 2026 – (Dépêches 241). Alors que le championnat national de football devait s’ouvrir le 24 octobre prochain, la Ligue nationale de football professionnel (LINAFP) a annoncé ce jour la suspension du processus de démarrage de la saison 2026-2027 jusqu’à nouvel ordre. Officiellement motivée par les orientations du ministère de tutelle relatives à la régularisation des organisations sportives, cette décision intervient dans un contexte où les clubs auraient toujours attendu le versement de leurs subventions, à moins de deux semaines du coup d’envoi.

Dans son communiqué daté du 12 octobre, le Secrétariat général de la LINAFP indique qu’aucune compétition ne pourra débuter avant l’achèvement des travaux de la Task Force et la remise des agréments techniques ainsi que des récépissés aux organisations sportives concernées. La Ligue se conforme ainsi aux orientations du ministère de la Jeunesse, des Sports, du Rayonnement culturel et des Arts, chargé de la Vie associative. 

Les agréments en argument officiel, les moyens financiers en question

Sur le plan institutionnel, l’argument est clair, assainir et régulariser le cadre administratif avant toute reprise des compétitions. Mais cette justification, à elle seule, ne suffit pas à dissiper les interrogations sur les conditions concrètes d’organisation de la nouvelle saison. Car derrière cette explication officielle, une autre difficulté pourrait peser lourdement dans l’équation : celle du financement. 

À deux semaines de la date annoncée pour le démarrage du championnat, aucune équipe n’aurait encore perçu sa subvention, selon les informations disponibles. Les clubs auraient ainsi été contraints de financer leur préparation d’avant-saison sur leurs fonds propres, dans un environnement où les charges liées aux déplacements, à l’hébergement, à l’encadrement technique et à la rémunération des joueurs ne peuvent être durablement assumées sans soutien financier.

 Dans ces conditions, la suspension pourrait également refléter les difficultés matérielles auxquelles se heurte le football professionnel gabonais, même si aucun élément public ne permet, à ce stade, d’établir que l’absence de financement constitue la cause directe de la décision.

Une saison dans l’incertitude, les clubs en première ligne

L’hypothèse d’une motivation diplomatique ou strictement administrative ne peut donc être écartée, pas plus qu’il ne serait rigoureux de présenter les difficultés financières comme la véritable raison de la suspension sans confirmation officielle. Reste que cette annonce place les clubs, les joueurs et les encadreurs dans une nouvelle période d’incertitude, après des semaines de préparation engagées en prévision du 24 octobre.

 Au-delà du calendrier, c’est la capacité des acteurs du football national à disposer, en temps utile, des ressources nécessaires à la compétition qui se trouve posée. La LINAFP et les autorités de tutelle sont désormais attendues sur les prochaines échéances, la régularisation administrative des structures, certes, mais aussi la clarification des conditions financières de lancement d’une saison qui, avant même son coup d’envoi, se retrouve déjà à l’arrêt.

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