
Libreville, le 21 octobre 2026-(Dépêches 241). Le Président de la Ligue Nationale des Jeunes de l’Union Démocratique des Bâtisseurs (UDB), l’Honorable Anicet Engo a été démis de ses fonctions ce mardi 20 octobre 2026. L’information a été donnée par une source interne du Parti présidentiel et relayée par nos confrères de GabonReview. Si pour l’heure aucune raison précise n’a été évoquée pour justifier son éviction, plusieurs observateurs y voient un lien étroit avec les déclarations que le Député du canton Nyè a tenues samedi dernier, lors du rassemblement des jeunes de l’UDB, où plusieurs frustrations ont publiquement été exprimées.
Le Parti fondé par Brice Clotaire Oligui Nguema serait-il en proie à de violentes turbulences internes ? Après le limogeage du Trésorier Général, Aurélie Mintsa Mi Nguema il y a quelques semaines, le tour revient ce jour au Président de la Ligue Nationale des Jeunes de l’Union Démocratique des Bâtisseurs (UDB), Anicet Engo, d’être démis de ses fonctions.
Dans un courrier transmis à la hiérarchie du Parti ce 20 octobre 2026, le Président-Fondateur de l’UDB démet le responsable de la section des jeunes de son organisation politique, en le faisant remplacer par son adjoint, Steeve Davin Mouguiama, appelé à assurer l’intérim jusqu’au prochain congrès prévu le 5 décembre prochain.
Des frustrations publiquement exprimées, à l’origine de cette éviction ?
L’éviction d’Anicet Engo n’aurait pas été motivée, jusqu’à l’heure actuelle. Mais pour beaucoup, elle pourrait être liée à la sortie du samedi dernier, dans le cadre d’un rassemblement des jeunes de l’UDB au siège de leur formation politique, à Akanda. Le responsable des jeunes de l’UDB aurait usé d’une liberté de ton peu appréciée de sa hiérarchie.
« Nous ne devons pas nier ces sentiments de frustrations qui traversent notre Ligue. Mais nous ne pouvons pas laisser les déceptions d’hier décider de notre avenir », avait-il d’abord déclaré, au sujet du décalage qui existerait entre les jeunes cadres de l’UDB promus, et ceux de la base, laissés pour compte. Toujours au cours de la même réunion, Anicet Engo avait surpris en lançant qu’ « il ne suffit pas de construire le Gabon pour la jeunesse, il faut donner à la jeunesse les moyens de participer à sa construction », a-t-il ajouté.
Deux phrases qui, pour certains, seraient à l’origine de son éviction ce jour. En attendant d’avoir plus de précisions sur les motifs réels de son limogeage, le message envoyé par Brice Clotaire Oligui Nguema, est désormais clair: il ne serait plus toléré à l’intérieur de sa formation politique, des écarts de langage, pouvant mettre à mal l’unité et la cohésion du Parti.
Au-delà du cas personnel d’Anicet Engo, cette éviction laisse une impression troublante : au sein du Parti au pouvoir, les frustrations, les récriminations et les voix dissonantes ne seraient pas les bienvenues. Les propos tenus samedi, pourtant mesurés, n’appelaient ni à la rupture ni à la défiance. Ils décrivaient un malaise que, selon lui, « nous ne devons pas nier ». En l’absence de motif officiel, la sanction tombe comme un avertissement adressé à tous les cadres : en interne, mieux vaut applaudir que s’exprimer.
Pourquoi c’est mauvais pour la démocratie et pour le Parti
Un Parti dominant donne le ton de la vie politique nationale. Quand il sanctionne la parole critique en son sein, il normalise l’idée que le désaccord est une faute et non un droit. Or une démocratie vit de la confrontation des idées, y compris dans les formations qui gouvernent. Là où la critique interne est étouffée, le débat se déplace vers les couloirs, les réseaux sociaux ou l’opposition, et la majorité perd son principal outil d’auto correction.
Pour le Parti lui-même, le risque est double. La base, qui remonte les frustrations du terrain, cesse de les signaler et le sommet gouverne sans information fiable. Les jeunes cadres ambitieux, eux, apprennent à se taire, ou à partir. Une organisation qui confond unité et unanimité n’est pas plus solide : elle ne fait que repousser les fractures. Les Partis qui durent sont ceux qui savent transformer la contestation interne en réforme plutôt qu’en exclusion.







