Gabon: sous les radars avec la Young Team, CITP de Seydou Kane de retour en grâce avec le nouveau régime 

Personnage controversé et critiqué sous l’ancien régime, Seydou Kane semble revenir au devant de la scène avec Oligui Nguema

Libreville, le 23 mai 2025 – (Dépêches 241). Dans le sillage d’EBOMAF et SACBA BTP, le Consortium International des Travaux Publics (CITP), dirigé par l’homme d’affaires Seydou Kane, connaît un retour progressif sur la scène gabonaise des infrastructures. Si l’entreprise affiche une forme retrouvée, tant sur le plan financier que de sa visibilité institutionnelle, c’est surtout grâce à l’attribution croissante de marchés publics de gré à gré. Une pratique devenue la norme dans le secteur des travaux publics, malgré les engagements officiels en faveur de la transparence.

Parmi les projets confiés à CITP figure la réhabilitation de plusieurs voiries urbaines à Libreville, dont certaines artères stratégiques de la capitale. Toutefois, les résultats sur le terrain suscitent des interrogations : revêtements inachevés, défauts de drainage, délais non respectés… Autant d’imperfections qui alimentent un certain scepticisme sur la réelle performance technique de l’entreprise. Si les visites ministérielles saluent souvent l’état d’avancement des travaux, le constat quotidien des usagers tempère cet enthousiasme institutionnel.

Autre symbole de cette montée en puissance opaque : CITP s’est récemment vu confier la construction du « Libreville Business Center », un projet d’envergure censé structurer un nouveau pôle économique. Problème : aucune communication officielle n’a été faite sur le coût du chantier, sa durée prévisionnelle ou les modalités de financement. Ce flou alimente un climat de défiance dans un contexte budgétaire déjà marqué par des arbitrages contestés et un manque de reddition des comptes dans les grands projets publics.

Financièrement, CITP semble bénéficier d’un soutien institutionnel qui lui permet de maintenir un rythme d’activités soutenu, malgré un environnement concurrentiel difficile. Ce retour en grâce interroge sur les critères de sélection dans l’attribution des marchés publics, surtout dans un pays où la passation des marchés par appel d’offres reste marginale. Le recours quasi-systématique au gré à gré, au profit d’un cercle restreint d’entreprises, renforce l’impression d’un système verrouillé et peu favorable à l’émergence de nouveaux acteurs.

CITP, à l’image d’autres entreprises du secteur, incarne ainsi les contradictions d’un modèle économique où performance réelle et proximité politique semblent se confondre. Derrière la façade de redressement et de dynamisme affiché, les zones d’ombre persistent sur la qualité des travaux livrés, la gestion des deniers publics et l’équité dans l’accès aux marchés. Le chantier de la transparence, lui, reste inachevé.

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