
Libreville, le 18 août 2025 – (Dépêches 241). La reprise en main de l’économie nationale par l’État s’impose comme un axe majeur de la vision du « Gabon nouveau » prônée par le chef de l’État, chef du gouvernement, Brice Clotaire Oligui Nguema. Après les hydrocarbures et les mines, c’est désormais le secteur des jeux de hasard qui se retrouve dans le viseur présidentiel. Trop longtemps laissé à lui-même, ce domaine fonctionnait dans une forme d’anarchie où chaque opérateur fixait ses propres règles, au détriment des parieurs et des finances publiques. Constatant cette dérive, le président a décidé, lors du Conseil des ministres du 12 août dernier, de lancer une restructuration en profondeur du secteur.
Malgré l’existence d’un cadre juridique, les jeux de hasard ont été négligés par les autorités, alors même qu’ils représentent un levier fiscal important. Faute de régulation stricte, les opérateurs s’autorégulaient, souvent au mépris des usagers. Résultat : un État incapable de capter la rentabilité d’un marché florissant et des parieurs laissés sans protection face à des pratiques parfois abusives.
Pour remédier à cette situation, le gouvernement a opté pour un partenariat public-privé. La société gabonaise e-TECH SAS, en qualité d’agrégateur et d’intégrateur spécialisé, sera chargée de centraliser l’ensemble des opérations. Elle travaillera en collaboration avec Esteem Média INC, un opérateur canadien. Désormais, toutes les transactions liées aux paris sportifs, à la loterie et aux jeux en ligne devront obligatoirement passer par ce canal unique.
Cette décision intervient alors que la majorité des acteurs du secteur opéraient dans l’illégalité, ignorant délibérément les textes réglementaires et législatifs en vigueur depuis 2021. En imposant cette nouvelle régulation, Oligui Nguema adresse un message clair : la tolérance zéro face au désordre économique. L’objectif est double : obliger les opérateurs à se conformer aux règles et garantir à l’État des revenus jusque-là détournés.
Le désordre atteignait en effet un niveau préoccupant. Plusieurs entreprises, dépourvues de siège ou de représentant au Gabon, géraient leurs activités depuis l’étranger, échappant ainsi à toute obligation fiscale et exposant les parieurs à des pertes sans recours. En centralisant les flux financiers, le numéro un Gabonais entend rétablir la confiance dans le secteur et récupérer des ressources vitales pour le budget national.
Il faut souligner que cette initiative illustre la volonté du président de reprendre le contrôle de pans entiers de l’économie qui, depuis des décennies, échappaient au regard de l’État. En s’attaquant à ces zones d’ombre, Oligui Nguema cherche à redonner au parieur sa place légitime tout en assainissant un secteur miné par l’informel et la fraude.
Ainsi, la régulation des jeux de hasard s’inscrit dans une stratégie plus large de reconquête économique menée par le chef de l’État. En imposant transparence et fiscalité dans ce domaine, le président Oligui Nguema envoie un signal fort : aucun secteur ne doit échapper au contrôle de l’État. Reste à savoir si les opérateurs, souvent habitués à l’impunité, se plieront à cette nouvelle donne ou tenteront de résister à une réforme qui pourrait bien bouleverser durablement leurs pratiques.







