
Libreville, le 11 mars 2026 – (Dépêches 241). La tenue d’un conseil d’administration de la Société gabonaise de raffinage hors du territoire national suscite de nombreuses interrogations. Selon plusieurs sources, cette réunion stratégique de l’entreprise aurait été organisée fin 2025 précisément le 21 décembre 2025 à Paris.
Une situation qui ne manque pas de faire réagir, tant la décision paraît difficile à comprendre pour une entreprise publique confrontée depuis plusieurs années à d’importantes difficultés financières. La Société Gabonaise de Raffinage, unique raffinerie du pays, est installée à Port-Gentil. Elle joue un rôle central dans l’approvisionnement du Gabon en produits pétroliers raffinés.
Malgré cette position stratégique dans l’économie nationale, l’entreprise fait face depuis plusieurs années à d’importants défis structurels, notamment un outil industriel vieillissant et des tensions financières persistantes. La question de la dette de la société reste d’ailleurs un sujet récurrent dans les débats sur la gestion des entreprises publiques au Gabon.
Des administrateurs déplacés depuis Libreville
Ce qui alimente davantage la polémique, c’est que pour cette réunion tenue à Paris, l’entreprise aurait organisé le déplacement de plusieurs administrateurs depuis Libreville. Billets d’avion, hébergement, logistique et frais de séjour. Autant de dépenses supplémentaires qui interrogent sur l’opportunité d’une telle décision dans un contexte où l’entreprise est appelée à renforcer sa discipline budgétaire.

Pour certains observateurs, si un conseil d’administration peut exceptionnellement se tenir hors du pays pour des raisons particulières, il paraît difficilement compréhensible que l’ensemble des administrateurs soient transportés à l’étranger alors que les activités principales de l’entreprise se trouvent au Gabon.
La question de la gouvernance
Au-delà de la polémique, cette situation relance le débat sur la gouvernance des entreprises publiques et sur l’exigence d’exemplarité dans l’utilisation des ressources. Pour de nombreux analystes, les sociétés d’État doivent faire preuve d’une gestion rigoureuse, surtout lorsqu’elles traversent des périodes de fragilité financière.
Dans ce contexte, la tenue d’un conseil d’administration à l’étranger, avec le déplacement d’administrateurs depuis le Gabon, soulève une interrogation fondamentale : les priorités de gestion sont-elles réellement alignées avec les impératifs de redressement financier de l’entreprise ?







