
Libreville, le 10 Mars 2026 – (Dépeches 241). Dans l’attente toujours prolongée de la désignation officielle d’un nouveau sélectionneur par le ministère des Sports, la Fédération gabonaise de football (Fegafoot) a nommé ce mardi Anicet Yala entraîneur intérimaire des Panthères du Gabon. Une décision dictée non par un choix sportif délibéré, mais par l’immobilisme du ministère des Sports, qui tarde à trancher sur le dossier du nouveau sélectionneur malgré un travail préparatoire bouclé depuis plusieurs semaines.
La décision est tombée ce jour, Anicet Yala assurera l’intérim à la tête des Panthères du Gabon. Une nomination qui intervient dans un contexte pour le moins singulier, marqué par l’attente persistante de la décision finale du sélectionneur national par le ministère des Sports dirigé par Paul Ulrich Kessany. Depuis plusieurs semaines, la Fédération gabonaise de football se trouve suspendue à un arbitrage qui tarde à venir, malgré les diligences accomplies par ses soins dans le processus de recrutement du futur sélectionneur.
En effet, le 25 février 2026, la Fegafoot a officiellement transmis au ministère le rapport de la commission de recrutement qu’elle avait mise en place. Ce document présentait trois profils jugés aptes à diriger la sélection nationale, assorti d’une indication claire quant à la préférence fédérale. Autrement dit, le travail technique avait été fait, les options étudiées et les conclusions posées. Il ne restait plus qu’à la tutelle de trancher. Mais depuis lors, le silence administratif s’est installé, laissant l’équipe nationale dans une zone d’incertitude peu compatible avec les exigences du haut niveau.
LIRE AUSSI: Le Gabon sans sélectionneur : le ministère des sports, seul responsable d’un vide inquiétant ?
Plus surprenant encore, le ministre semble avoir fait le choix de prendre le dossier à rebours des pratiques sportives les plus élémentaires. Plutôt que de désigner d’abord le sélectionneur, pierre angulaire de tout projet technique, la tutelle entend privilégier la nomination d’un directeur technique national et la mise en place d’un staff avant même que le patron du banc ne soit connu. Une logique pour le moins paradoxale, tant il est d’usage, dans toute organisation sportive cohérente, que le sélectionneur compose lui-même son équipe technique selon sa vision et ses besoins, complétée en sus par quelques techniciens locaux.
Face à cette situation et afin de ne pas compromettre les échéances à venir, notamment l’invitation adressée au Gabon dans le cadre des FIFA Series 2026, la Fédération gabonaise de football a choisi d’agir. En attendant que Paul Ulrich Kessany se décide enfin à trancher, l’intérim a donc été confié à Anicet Yala.
Et si le contexte de cette nomination est contraint, le choix de l’homme, lui, est loin d’être par défaut. Anicet Yala est un professionnel aguerri, intimement lié à l’histoire récente des Panthères. Bras droit de Patrice Neveu au sein du staff national, il a vécu de l’intérieur toutes les années du technicien français y compris l’encouragement CAN 2021 au Cameroun. C’est lui qui, notamment, tenait les rênes ce fameux samedi 4 juin 2022, au Stade des Martyrs de Kinshasa, lorsque les Panthères ont réalisé l’un des résultats les plus marquants de ces dernières années, dans un contexte mémorable et sous pression.
Plus récemment, il a conduit la sélection U20 à la victoire lors de la Fatshi Cup, tournoi zonal organisé en juillet 2024 en République Démocratique du Congo. Une consécration qui confirme sa capacité à gérer un groupe, à fédérer et à obtenir des résultats. Anicet Yala sait ce que veut dire gagner avec le maillot du Gabon. Les Panthères sont entre de bonnes mains, en attendant que le ministre, lui, se décide enfin à faire son travail car le football gabonais mérite mieux que d’être otage des tergiversations d’un ministère.







