
Libreville, le 24 avril 2026-(Dépêches 241). Dans une récente interview accordée au média Jeune Afrique, Ike Ngouoni, ancien Conseiller Spécial et porte-parole de la Présidence de la République, est revenu sur un ensemble d’événements ayant marqué la gouvernance du pays après l’Accident Vasculaire Cérébral (AVC) d’Ali Bongo Ondimba en octobre 2018. Parmi les sujets évoqués par l’ex « Bla Boy », les décisions prises au sein du cabinet présidentiel à cette époque: selon Ike Ngouoni « elles étaient toutes validées par le Président de la République lui-même ».
Longtemps questionnée, la gouvernance post AVC de l’ancien Chef d’État Gabonais enregistre un nouvel éclairage, et pas des moindres. Il s’agit de celui d’un de ses plus proches collaborateurs: Ike Ngouoni, ancien Conseiller Spécial du Président de la République, par ailleurs son porte-parole. Dans une interview donnée il y a quelques jours sur Jeune Afrique, il a répondu à la question que tout le monde se posait après octobre 2018: qui gouvernait le pays avant le 30 août 2023 ?
À cette interrogation, l’ancien membre influent du clan de Brice Laccruche Alihanga n’a pas louvoyé. Il est resté formel: les décisions se prenaient « sur une base consensuelle », mêlant la Première Dame, le Premier ministre d’alors, les ministres régaliens et même la Présidente de la Cour Constitutionnelle. Il va encore plus loin en relevant que ce mode de prise de décisions « était validé en dernier ressort par le Président de la République lui-même », a indiqué Ike Ngouoni.
Une déclaration qui contredit le discours des autorités actuelles ?
L’opinion se souvient toujours du discours de Brice Clotaire Oligui Nguema à Franceville, en juillet 2024, alors qu’il était encore Président de la Transition. « Souvenez-vous que votre fils, frère et oncle pour certains, Ali Bongo Ondimba a eu un AVC en octobre 2018 à Riyad (…). Nous militaires l’avons toujours accompagné, jusqu’au jour où il passe la gestion du pays à son fils et à sa femme », avait-il d’abord clamé pour expliquer la prise de pouvoir par les militaires.
Restant sur les raisons ayant conduit au putsch du 30 août 2023, l’actuel Chef de l’État avait également eu recours à une anecdote. « Peu après la dépénalisation de l’homosexualité, moi-même et un notable du Sénat, nous nous sommes rendus chez Ali Bongo pour prendre des instructions (…). À notre arrivée c’était choquant, nous avions vu un Chef qui se cachait derrière la porte, et qui laissait sa femme nous insulter », avait déclaré ce jour, Oligui Nguema.
Au regard de la dernière sortie de l’ancien porte-parole de la Présidence de la République, de nombreuses interrogations se font désormais jour: Ali Bongo Ondimba était-il véritablement inapte à gouverner entre 2018 et 2023 ? Prenait-il encore en toute conscience les décisions utiles pour le pays ? Si oui, et à la suite des propos d’Ike Ngouoni, d’où viennent alors les allégations soutenant que le pouvoir était désormais entre les mains de son fils et de sa femme ? Toutes ces questions méritent des réponses claires aujourd’hui.







