
Libreville, le 25 avril 2026 – (Dépêches 241). Suite à la grève lancée en janvier dernier par les enseignants réunis au sein du Collectif SOS Éducation, le gouvernement gabonais avait mis en place une commission tripartite Fonction Publique – Budget – Éducation Nationale, sur instruction du Chef de l’État. L’objectif affiché était d’apaiser la crise et régulariser les situations administratives de nombreux enseignants, restées trop longtemps en attente. Seulement, à ce jour, les engagements pris par l’État semblent de nouveau trahis, au regard des dernières informations recueillies par les acteurs concernés, les enseignants eux-mêmes.
Pendant le dialogue social mené sous les auspices du Vice-président du gouvernement, cette commission avait décidé d’intégrer les sortants ENS/ENSET promotions 2024 et 2025 dans le dispositif global de régularisation 2026. Résultat concret: 148 premiers dossiers ENS/ENSET ont été soldés lors de la 2ᵉ phase, et le processus devait se poursuivre par vagues successives pour les enseignants restants.
En date de ce jour, le processus semble être bloqué, l’attribution des matricules solde et la mise en solde des autres enseignants, inexplicablement stoppées. Aucune communication officielle n’est faite, le service accueil du Ministère de la Fonction Publique ne renseignerait plus les enseignants, faute de connexion depuis plusieurs semaines. Le Gouvernement et les syndicats seraient davantage préoccupés par les élections professionnelles que par la régularisation promise.
Les enseignants appellent au respect strict des instructions du Chef de l’État…
À l’occasion d’une récente sortie, plusieurs enseignants n’ont pas manqué de rappeler la précarité dans laquelle ils vivent depuis plusieurs décennies. « Monsieur le Président de la République, vous avez donné une injonction claire pour que notre situation administrative soit régularisée. Or, à ce jour, rien n’a été mis en œuvre. Nous continuons d’enseigner sans statut reconnu ni sécurité, avec des charges à assumer », a d’abord déclaré un enseignant concerné par cette situation. « Nous sommes confrontés à cette situation de marginalisation depuis plus de 10 à 15 ans pour certains d’entre nous. Nous ne demandons pas de privilèges, seulement l’application des mesures que vous avez ordonnées », tranche vigoureusement un autre.
Et souhaitent désormais une implication personnelle du Président de la République
Face à cette situation qui précarise considérablement de milliers de compatriotes, et considérant le besoin en effectifs des enseignants au sein des établissements scolaires du Gabon, ces derniers demandent désormais l’intervention directe du Président de la République. Ils souhaitent que des instructions soient données aux Ministres de la Fonction Publique et celui en charge du Budget, afin de poursuivre la régularisation rapide de leur situation administrative et financière.
Gageons que les ministères sectoriels concernés par ce dossier se remettent en mouvement urgemment pour ne pas replonger l’école gabonaise dans une nouvelle crise, à quelques semaines seulement de la fin de l’année scolaire 2025-2026.







