
Libreville, le 6 décembre 2025 – (Dépêches 241). Depuis le 1er décembre dernier, une affaire occupe toutes les discussions dans l’opinion publique Gabonaise et indigne sur la toile: il s’agit du décès tragique d’Alexandre Nguema Bibang, un enseignant d’histoire et géographie âgé de 61 ans, en poste au Lycée Paul Indjendjet Gondjout (LPIG) de Libreville. Seulement, depuis la survenue de ce triste événement, c’est un silence effarant qui règne du côté du Ministère de l’Éducation Nationale en particulier, et du Gouvernement en général: cinq jours plus tard, aucun communiqué à l’endroit de la communauté éducative encore sous le choc, aucune action ni visite des autorités chez la veuve et les enfants de cet enseignant dévoué, tombé sur son lieu de travail, après 33 ans de fidèles et loyaux services à la nation gabonaise.
Il y a maintenant 5 jours qu’un enseignant est tombé en plein cours, craie dans une main, effaceur dans l’autre. Une situation dramatique qui frappe de plein fouet l’ensemble de la communauté éducative, mais surtout la veuve et les orphelins, si douloureusement éprouvés. Cette affaire aurait dû exiger de la part des gouvernants une réaction, une communication. Une réaction rapide, concrète, et surtout, humaine.
Dans ce contexte déjà lourd, un détail choque plus encore. L’attitude du ministre intérimaire à l’Education Nationale, Simplice Désiré Mamboula dont le mutisme persistant résonne comme une marque supplémentaire d’indifférence institutionnelle. Alors que la communauté éducative s’attendait à un mot de réconfort, une prise de position ou ne serait-ce qu’un signal d’attention, le ministre s’est contenté d’un silence glacial, donnant l’impression que la disparition d’un éducateur ne mérite même pas une réaction administrative minimale. Ce silence, loin d’apaiser, a au contraire ravivé la colère et la déception d’un secteur déjà fragilisé.
Pire encore, malgré l’ampleur de l’émotion nationale et les nombreux appels à une réaction officielle, Simplice Désiré Mamboula n’a entrepris aucune démarche publique susceptible de témoigner d’une quelconque empathie envers la famille éplorée ou envers les enseignants profondément secoués. Ni déclaration, ni présence sur le terrain, ni message de soutien. Une attitude perçue par beaucoup comme une abdication de sa responsabilité morale, renforçant l’idée que le sort des enseignants ne figure pas parmi les priorités de l’appareil étatique qu’il représente.
L’opinion observe ahurie un silence troublant de la part de la tutelle. Mieux, à la suite d’un Conseil des Ministres tenu jeudi dernier, pas un seul mot, pas un geste à l’endroit de ce citoyen qui a servi sa patrie avec honneur et fidélité pendant 33 années. À contrario, on a lu et découvert des décrets froids, des communiqués impersonnels qui parlent de statistiques, de pourcentages, de budgets.
L’insensibilité et l’indifférence des gouvernants face à ce drame ne sont pas qu’une faute morale, elles sont le symptôme d’une déconnexion profonde entre le sommet de l’État et les populations. Il est continuellement soutenu que le gouvernement « travaille d’arrache-pied », mais pour qui et pour quoi exactement ? Leur travail semble se faire derrière des murs infranchissables, loin du bruit de la rue et loin de l’odeur des larmes des familles qui pleurent un Père, un frère, un oncle, un petit-fils.
Ce que la communauté éducative, les parents et proches de cet enseignant « tombé les armes à la main » demandent n’est pas de la charité, mais simplement de la responsabilité, de l’empathie. Ils demandent que l’appareil d’État, financé par leurs impôts, se mette enfin au service de ceux qui en ont le plus besoin, surtout en période de grande douleur. Ils exigent que les discours cèdent la place aux actes, et que la compassion ne soit plus un mot vide de sens, mais le principe directeur de toute politique publique.
Le Ministère de l’Éducation Nationale et le Gouvernement doivent agir avec urgence. Ils doivent sortir de la bulle administrative et regarder la réalité en face. Les parents, la veuve et les enfants de Nguema Bibang Alexandre qui souffrent aujourd’hui ne sont pas une variable d’ajustement, car si leur souffrance ne touche pas le cœur des dirigeants aujourd’hui, alors il est temps pour ces derniers, par leur voix et leur union, de venir frapper à la porte de la conscience de l’État.







