Versement de 11 milliards de la GOC à Ebomaf: le silence assourdissant de Marcellin Simba Ngabi

L’Administrateur Directeur Général de la GOC, Marcellin Simba Ngabi est attendu sur la question du versement de 11 milliards par trimestre à l’entreprise Ebomaf ©Dépêches 241

Libreville, le 4 Février 2026 – (Dépêches 241). Alors que le Gabon traverse une période économique et sociale d’une rare gravité, marquée par un front social en ébullition et une mise sous programme avec le Fonds monétaire international (FMI), des révélations troublantes sur des versements opérés par la Gabon Oil Company (GOC) au profit de la société burkinabè Ebomaf viennent raviver les soupçons de gestion opaque des ressources pétrolières nationales. Face à l’ampleur des montants évoqués, près de 11 milliards de francs CFA par trimestre, le silence de l’Administrateur Directeur Général de la GOC, Marcellin Simba Ngabi, devient assourdissant et profondément choquant pour des populations déjà plongées dans la précarité.

C’est lors d’une conférence de presse tenue à l’occasion de la présentation de ses vœux à la presse que l’ancien Premier ministre et président du Parti Ensemble pour le Gabon, Alain Claude Bilie-By-Nze, a porté ces accusations sur la place publique. Il a mis en cause des versements trimestriels faramineux effectués par la Gabon Oil Company (GOC) au bénéfice de la société Ebomaf, dans un contexte national pourtant marqué par des tensions sociales extrêmes et une surveillance accrue des finances publiques. Des déclarations lourdes de sens, qui ne sauraient rester sans réponses officielles.

« La Gabon Oil Company (GOC) est obligée de payer chaque trimestre 20 millions de dollars à Ebomaf, soit près de 11 milliards de francs CFA », a affirmé Alain Claude Bilie-By-Nze. Une somme vertigineuse, presque indécente, au regard de la situation actuelle du pays caractérisée par des salaires impayés, des services publics à l’agonie, une vie chère étouffante et un État contraint de solliciter l’appui du FMI. Pourquoi et sur quelle base juridique et contractuelle l’argent du pétrole gabonais est-il ainsi reversé à une entreprise étrangère de BTP ? « Quel est le lien entre Ebomaf et la GOC ? Quel est le contrat qui lie Ebomaf à la GOC pour que l’argent du pétrole gabonais soit reversé à Ebomaf ? », s’est interrogé l’ancien Premier ministre.

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À ce stade, la balle est clairement dans le camp de l’Administrateur Directeur Général de la Gabon Oil Company. Marcellin Simba Ngabi ne peut plus se réfugier derrière un silence qui confine au mépris social. Il lui revient d’expliquer, documents à l’appui, au nom et au titre de quoi plus de 11 milliards de francs CFA sont versés trimestriellement à Ebomaf. Dans un pays où des milliers de Gabonais peinent à joindre les deux bouts, ce mutisme apparaît comme une insulte à l’intelligence collective et une négation des principes de redevabilité que toute entreprise publique se doit d’incarner. 

Mais l’interpellation ne saurait s’arrêter à la seule Direction générale de la GOC. Le gouvernement est également tenu de faire toute la lumière sur cette affaire aux relents explosifs. « Au titre de quoi doit-on verser à Mahamadou Bonkoungou plus de 11 milliards de francs CFA ? Il faut que le Gouvernement s’exprime », a insisté Alain Claude Bilie-By-Nze. À défaut d’explications claires, publiques et vérifiables, le doute s’installera durablement et la défiance citoyenne s’aggravera. Dans le Gabon d’aujourd’hui, la transparence n’est plus une option : c’est une exigence vitale et républicaine. 

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