Plus de 11 milliards par trimestre de la GOC vers Ebomaf: les révélations chocs de Bilie-By-Nze sur les flux financiers entre les deux entités 

Au nom de quoi la GOC de Marcellin Simba Ngabi verse t-elle plus de 11 milliards par trimestre à Ebomaf de Mahamadou Bonkoungou ? La question soulevée par Bilie by Nze attend des réponses ©Dépêches 241

Libreville, le 24 Janvier 2026 – (Dépêches 241). Alors que le Gabon traverse une période économique et sociale particulièrement tendue,  marquée par un front social en ébullition et une mise sous programme avec le FMI, de graves révélations viennent jeter une lumière crue sur la gestion des ressources pétrolières nationales. Lors d’une conférence de presse animée hier à l’occasion de la présentation de ses vœux à la presse, l’ancien Premier ministre et Président du Parti Ensemble pour le Gabon, Alain Claude Bilie-By-Nze, a mis en cause des versements trimestriels faramineux opérés par la Gabon Oil Company (GOC) au profit de la société burkinabè Ebomaf. Des déclarations lourdes de sens, qui appellent des réponses claires et immédiates.

« La Gabon Oil Company (GOC) est obligée de payer chaque trimestre 20 millions de dollars à Ebomaf, soit près de 11 milliards de francs CFA », a affirmé Alain Claude Bilie-By-Nze. Une somme vertigineuse, surtout lorsqu’elle est rapportée à la situation actuelle du pays. Une situation qui se donne à lire par des salaires impayés dans certains secteurs, des services publics sous tension, une population éprouvée par la vie chère, et un État contraint de se placer sous la surveillance du FMI.

La question centrale posée par l’ancien ministre d’Ali Bongo est d’une simplicité redoutable.  Pourquoi et sur quelle base juridique et contractuelle l’argent du pétrole gabonais est-il reversé à une entreprise étrangère de BTP ? Alain Claude Bilie-By-Nze va même plus loin en interpellant directement l’exécutif . « Quel est le lien entre Ebomaf et la GOC ? Quel est le contrat qui lie Ebomaf à la GOC pour que l’argent du pétrole gabonais soit reversé à Ebomaf ? », s’interroge- t-il. 

A dire vrai, ces propos soulèvent un double problème. D’abord celui de la légalité des engagements financiers pris par la GOC, et de la transparence dans l’attribution des marchés durant la Transition. Ensuite, Ebomaf, dirigée par l’homme d’affaires burkinabè Mahamadou Bonkoungou, est en effet accusée d’avoir « trusté » les marchés publics sans appels d’offres, dans un contexte où la rupture avec les anciennes pratiques avait pourtant été érigée en principe cardinal.

Dans la même veine, au-delà de l’interpellation du Gouvernement, la responsabilité de la Direction Générale de la GOC est directement engagée. « Au titre de quoi doit-on verser à Mahamadou Bonkoungou plus de 11 milliards de francs CFA ? Il faut que le Gouvernement s’exprime », a insisté Bilie-By-Nze.

Cette interrogation est claire et dit en d’autres mots que les explications ne sauraient être uniquement gouvernementales. L’Administrateur Directeur Général de la GOC, Marcellin Simba Ngabi, se doit également de répondre en sa qualité de premier responsable de cette entité. Qui a engagé la GOC dans de tels paiements ? Sur la base de quelles décisions ? D’où est venu l’ordre ? Avec quels mécanismes de contrôle interne ? À ce stade, l’absence d’explications nourrit le soupçon et fragilise un peu plus la crédibilité d’une entreprise censée incarner la souveraineté pétrolière du Gabon.

Poursuivant son propos et face à la gravité des montants évoqués et aux zones d’ombre persistantes, Alain Claude Bilie-By-Nze a formulé une exigence claire : « Nous demandons un audit indépendant de la GOC. Nous voulons savoir comment la GOC est gérée ». Une demande d’autant plus légitime que la mise sous programme avec le FMI implique rigueur, discipline budgétaire et transparence. Comment justifier auprès des partenaires internationaux, et surtout des Gabonais, des versements de sommes aussi faramineuses, alors que l’État est sommé de réduire ses dépenses et de rationaliser sa gouvernance ?

Cette affaire en réalité dépasse les simples clivages politiques. Elle touche au cœur même de la gestion des ressources nationales, à la crédibilité de la Ve République et à la confiance des citoyens. À l’heure où chaque franc public compte, le Gabon ne peut se permettre ni opacité, ni arrangements obscurs.

Le gouvernement, la direction de la GOC et les organes de contrôle sont désormais face à leurs responsabilités. Faire toute la lumière sur ces versements n’est pas une option, c’est une exigence démocratique, économique et morale. Faute de réponses claires, le doute s’installera durablement, avec des conséquences lourdes sur la stabilité sociale et la crédibilité de l’État.

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