
Libreville, le 4 Février 2025 – (Dépêches 241). À grand renfort de communication, le gouvernement assure avoir consenti des efforts « colossaux » pour résorber la crise qui paralyse le secteur de l’éducation et permettre une reprise effective des cours. Mais derrière ce discours volontariste, les chiffres de terrain racontent une tout autre réalité. Ceux relayés par une enseignante, aujourd’hui largement partagés au sein de la communauté éducative, viennent battre en brèche un narratif officiel de plus en plus contesté et raviver le sentiment d’injustice qui nourrit la défiance de SOS Éducation.
Il avait été solennellement annoncé la mise en pré-salaire de 692 sortants des ENIF et ENIL pour le mois de février. Or, à la lecture des listes effectives, la réalité est glaçante : seuls 45 dossiers ont été traités. Comment expliquer un tel écart entre l’annonce publique et l’exécution administrative ? La question se pose avec d’autant plus d’acuité que, dans le même temps, la régularisation annoncée de 1 810 bénévoles en pré-salaire s’est finalement limitée à 205 bénéficiaires. Des chiffres dérisoires, sans commune mesure avec les promesses faites, et qui traduisent une gestion pour le moins approximative, sinon volontairement trompeuse.
Le déséquilibre devient encore plus criant lorsqu’on observe la ventilation des régularisations par niveau d’enseignement. Dans le premier degré, seuls 36 cas auraient été régularisés, contre environ 560 dans le second degré. Une disparité difficilement justifiable, qui accentue le sentiment d’abandon ressenti par une large frange du personnel éducatif. Sur près de 700 dossiers, n’en traiter que 45, sur plus de 1 800 bénévoles, n’en régulariser que 205 : peut-on sérieusement parler d’un effort significatif de l’État, comme le laisse entendre sa communication officielle ?
Cette discordance flagrante entre le discours et les actes alimente la suspicion d’une mauvaise foi assumée de l’État. Loin de rassurer, cette méthode renforce la conviction de SOS Éducation qu’il existe une volonté délibérée de gagner du temps, voire de flouer les acteurs du secteur par des annonces sans effets réels. À ce rythme, la crise de l’éducation ne pourra que s’aggraver, car on ne rétablit ni la confiance ni l’école par la mise en scène communicationnelle. La vérité des chiffres, implacable, vient rappeler que sans justice administrative et sans respect des engagements pris, aucune reprise durable des cours n’est possible.







