Interopérabilité des paiements : à Kigali, Yvon Sana Bangui porte l’ambition monétaire de la CEMAC

À Kigali, Yvon Sana Bangui a défendu la vision de la CEMAC sur l’interopérabilité des paiements

Libreville, le 9 mars 2026 – (Dépêches 241). À Kigali, lors d’une réunion de haut niveau consacrée à l’avenir des paiements en Afrique subsaharienne, le gouverneur de la Banque des États de l’Afrique centrale, Yvon Sana Bangui, a exposé la vision de la CEMAC en matière d’intégration financière. Une intervention remarquée qui a mis en lumière les avancées de la région et plaidé pour une transformation profonde des usages monétaires au profit du digital.

Réuni à Kigali, au Rwanda, le Réseau des banques centrales d’Afrique subsaharienne a offert une tribune stratégique au gouverneur de la Banque des États de l’Afrique Centrale. Organisée sous l’égide du Fonds Monétaire International et de la Banque Nationale du Rwanda, en partenariat avec le Global Finance and Technology Network, cette rencontre a rassemblé décideurs financiers, gouverneurs et experts autour d’un enjeu central,  l’interopérabilité des systèmes de paiement sur le continent africain.

Prenant la parole devant ses pairs, Yvon Sana Bangui a présenté l’expérience de la zone Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale en matière de modernisation des paiements. Le gouverneur a notamment mis en avant les avancées réalisées grâce au Groupement Interbancaire Monétique de l’Afrique Centrale et à sa plateforme GIMAC Pay, désormais au cœur de l’interconnexion des services financiers dans la sous-région. Il a également confirmé l’adhésion stratégique prochaine de la BEAC au Pan-African Payment and Settlement System, un dispositif panafricain destiné à faciliter les règlements transfrontaliers en monnaies locales.

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Au-delà de ce bilan, le gouverneur a livré une analyse franche des obstacles persistants à l’inclusion financière. Il a notamment dénoncé la multiplication des taxes sur les transactions de mobile money, qu’il considère comme une « régulation parallèle » susceptible de freiner l’essor des paiements numériques. Pour Yvon Sana Bangui, taxer les flux digitaux revient à pénaliser les outils mêmes qui permettent de moderniser les économies africaines et d’accroître la transparence des transactions.

Face à cette contradiction, le patron de la Banque des États de l’Afrique Centrale a plaidé pour un changement de paradigme audacieux. Ce dernier veut alléger la pression fiscale sur les paiements électroniques et, à l’inverse, instaurer des mécanismes de taxation sur l’usage du numéraire. Une orientation qui passerait notamment par l’instauration de droits de timbre sur certains paiements en espèces ou par des mesures dissuasives visant les transactions majoritairement réalisées en cash.

En défendant cette approche devant les décideurs internationaux réunis à Kigali, Yvon Sana Bangui a ainsi positionné la BEAC comme l’un des acteurs moteurs de la transformation monétaire du continent. Une vision qui ambitionne de faire du paiement digital la norme, afin de renforcer la traçabilité des flux, consolider les réserves de change et accélérer l’intégration financière au sein de la Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale et au-delà

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