Défaite sur tapis vert de Mangasport face au  Stade Migovéen : les zones d’ombre de la décision contre le club de Moanda 

Les minots ont été sanctionnés sur la base d’une procédure qui interroge et laisse à désirer

Libreville, le 14 Mars 2026 – ( Dépêches 241). La décision de la Ligue nationale de football professionnel (LINAFP) d’infliger une défaite sur tapis vert à l’AS Mangasport après sa victoire face au Stade Migovéen (1-0), le 7 mars dernier à Lambaréné, suscite interrogations et critiques. Au cœur de la controverse : la disqualification tardive de plusieurs joueurs du club de Moanda pour des motifs médicaux et une procédure jugée opaque par les dirigeants du club.

Dans cette affaire, la chronologie des événements invite au questionnement car elle éclaire des zones d’ombre persistantes. Le lundi 2 mars 2026, en soirée, les responsables de l’AS Mangasport sont informés par téléphone par la Ligue nationale de football professionnel (LINAFP) de la tenue du match d’ouverture de la saison 2025-2026, prévu le samedi 7 mars à 15h30 à Lambaréné, face au Stade Migovéen.

Le mardi 3 mars, en fin d’après-midi, les autorités de la ligue confirment à nouveau cette information par appel téléphonique, à l’issue d’une rencontre avec le ministre des Sports. Le calendrier est donc officiellement maintenu. Le mercredi 4 mars, Mangasport transmet à la LINAFP, l’ensemble des dossiers administratifs de ses joueurs. Selon les responsables du club, les joueurs ayant pris part à la Coupe d’Afrique des clubs champions reçoivent alors l’accord de participation.

Le lendemain, jeudi 5 mars, la délégation quitte Moanda pour Lambaréné via Ndjolé avec un groupe de 18 joueurs. Le vendredi 6 mars à 6 heures, l’équipe arrive à Lambaréné et s’installe à l’hôtel Le Refuge, en préparation de la rencontre.

Des dossiers validés avant le déplacement et une disqualification à la veille du match

La situation bascule dans l’après-midi du vendredi 6 mars. Entre 16h et 19h, le médecin du club est reçu par la commission médicale de la LINAFP. Peu après son départ, vers 19 heures, les dirigeants de Mangasport sont informés par téléphone de la non-qualification de sept joueurs présents dans l’effectif déjà sur place à Lambaréné.

Cette décision intervient moins de vingt-quatre heures avant le coup d’envoi de la rencontre face au Stade Migovéen. Autre élément relevé par le club, aucune notification officielle écrite n’aurait été transmise par la LINAF. Les échanges concernant l’organisation du match se seraient essentiellement fait via WhatsApp, un mode de communication inhabituel pour des décisions administratives de cette nature.

Le samedi 7 mars à 9 heures, la réunion technique d’avant-match se tient au siège de la ligue provinciale du Moyen-Ogooué. Selon les informations rapportées par Mangasport, le commissaire du match ne dispose alors d’aucun document formel relatif à la qualification ou à la disqualification des joueurs concernés. Aucune mention explicite n’est faite sur leur éventuelle interdiction de participation. Le match se déroule finalement dans ces conditions. Sur le terrain, Mangasport s’impose 1-0 face au Stade Migovéen.

Une victoire annulée et des arguments contestés 

Ce mercredi 11 mars 2026, par le biaisa d’une décision, la LINAFP décide d’infliger une défaite sur tapis vert au club de Moanda, au motif que certains joueurs alignés n’auraient pas été validés par sa commission médicale. Cette décision administrative annule donc le résultat sportif obtenu à Lambaréné.

La justification avancée par la ligue repose sur des observations de la commission médicale concernant certains bilans de santé des joueurs. Cependant, les dirigeants de Mangasport soulignent que les joueurs concernés ont récemment disputé la Coupe d’Afrique des clubs champions, compétition exigeante sur le plan médical, sans aucune contre-indication à la pratique du football.

Par ailleurs, le 11 mars 2026 à Libreville, ces mêmes joueurs ont de nouveau été soumis à des examens médicaux. Selon les résultats communiqués par le club, aucune anomalie n’a été détectée.

Cette succession d’événements soulève plusieurs interrogations. Pourquoi la question de la qualification médicale n’a-t-elle été soulevée qu’à la veille du match, alors que les dossiers avaient été transmis plusieurs jours auparavant ? Pourquoi la notification de non-qualification est-elle intervenue par téléphone, sans décision écrite officielle ?

Pourquoi le commissaire du match semblait-il dépourvu d’instructions claires lors de la réunion technique ? Autant de questions qui alimentent aujourd’hui les critiques contre la procédure adoptée par la LINAFP.

Au-delà de la sanction infligée à Mangasport, c’est désormais la transparence des mécanismes de décision de la ligue qui se trouve au centre du débat dans le football gabonais.

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