
Libreville, le 16 mars 2026 – (Dépêches 241). Le Service d’Interception et de Liaison des Affaires Militaires (SILAM) est désormais aux mains d’un gabonais. En effet, le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, loin de toute attente, a décidé de sortir cette structure sensible du joug de l’ancienne métropole en nommant le général Bernard Gnamankala à sa tête, en remplacement de Jean-Charles Solon, citoyen français resté en poste pendant treize longues années. Un choix somme toute logique, puisqu’il repose avant tout sur un homme de confiance, motivé par ses compétences et sa longue expérience dans le domaine des renseignements.
Alors qu’on le disait fini, parce qu’il venait de quitter la Direction générale de la Documentation et de l’Immigration (DGDI), le général Bernard Gnamankala vient d’atterrir, avec fracas, à la tête du SILAM. Un service particulièrement important pour la stabilité de l’État, dans la mesure où son principal rôle est le renseignement et l’écoute des communications nationales. Ce qui permet à l’État à la fois de prévenir les communications susceptibles de faire l’objet de tentatives de déstabilisation et d’anticiper les actes qui y sont liés.
Si jusque-là ce service semblait être une exclusivité réservée uniquement aux ressortissants français, aujourd’hui, grâce à cette nomination, un Gabonais en est le premier responsable. Le général Gnamankala devient ainsi le premier Gabonais à occuper ce poste, alors que rien ne l’y prédestinait. Une façon pour le régime de Libreville de reprendre la main sur ce domaine si sensible et stratégique de la surveillance militaire des communications.
Que l’on ne s’y méprenne par contre pas. Il n’est pas question ici de rompre les liens de coopération historique avec la France. Il s’agit selon toute vraisemblance, d’une mesure souveraine visant à conforter et à nationaliser ce pan important des renseignements gabonais qui, jusqu’à présent, échappait inexorablement à la souveraineté nationale. D’ailleurs, le choix porté sur la personne du général Bernard Gnamankala n’est pas anodin. Il traduit la confiance dont il bénéficie auprès des plus hautes autorités de l’État. Étant lui-même issu de la maison des renseignements intérieurs, c’est sa compétence et son expérience, fortes de sa longévité dans le domaine, qui ont motivé son choix pour succéder à Jean-Charles Solon.
Avec cette nomination, les autorités gabonaises semblent vouloir marquer une étape symbolique dans la reprise en main nationale des secteurs stratégiques de l’État. Reste désormais à voir si cette décision se traduira par une transformation durable de la gestion du renseignement au Gabon. Le parcours et l’expérience du général Bernard Gnamankala seront scrutés de près, tant par les observateurs que par l’opinion publique, dans l’espoir de voir ce service stratégique évoluer au service exclusif des intérêts du pays.







