Malversation financière, entrave à une procédure judiciaire: Narcisse Eddy Minang suspendu

Le Procureur Général Eddy Narcisse Minang a été suspendu de ses fonctions par le parquet de la République

Libreville, le 11 juin 2026 – (Dépêches 241) Le procureur général près la Cour d’appel judiciaire de Libreville, Eddy Narcisse Minang, magistrat hors hiérarchie, a été suspendu de ses fonctions pour une durée de trois mois par le ministre de la Justice, Garde des Sceaux. Cette mesure conservatoire, qui constitue le séisme judiciaire de ce début juin, intervient dans un contexte particulièrement chargé, marqué par des soupçons de malversations financières et d’entrave à une procédure judiciaire en cours.

Selon les premiers éléments parvenus à notre rédaction, le magistrat aurait été convoqué et auditionné pendant plusieurs heures à la présidence de la République, avant que la décision de suspension ne soit prononcée à son encontre par le ministre de la justice garde des sceaux. Dans la foulée, son intérimaire a été aussitôt désigné en la personne de Thalie Aubone Nguema épouse Edjo, magistrate hors hiérarchie de l’ordre judiciaire gabonais, afin d’assurer la continuité du service.

Les enquêtes en cours révèlent que le nom d’Eddy Narcisse Minang serait cité dans plusieurs affaires, dont celle impliquant des hommes d’affaires chinois pour un montant évalué à plus de quatre milliards de francs CFA. L’élément déclencheur de ces démêlés judiciaires serait toutefois la nébuleuse liée à la surfacturation des bons de caisse qui secoue depuis plusieurs jours le ministère de l’Éducation nationale, une affaire aux ramifications visiblement multiples.

Au regard de l’ampleur du scandale, cette affaire ne devrait pas se limiter à une simple suspension administrative. Le Conseil supérieur de la magistrature pourrait prochainement se réunir afin de statuer sur d’éventuelles sanctions disciplinaires à l’encontre de l’ancien procureur général, la suspension prononcée ne constituant, à ce stade, qu’une mesure conservatoire dans l’attente d’une décision définitive.

Cette affaire, qui touche au sommet de l’appareil judiciaire gabonais, envoie un signal fort quant à la détermination des autorités à ne pas laisser prospérer l’impunité, y compris au sein de la magistrature. Elle soulève néanmoins des questions profondes sur l’intégrité des institutions judiciaires et appelle à une réforme structurelle de la gouvernance de la justice au Gabon. La suite réservée à ce dossier sera suivie avec la plus grande attention.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*