GOC : la reconquête des actifs pétroliers au nom de la souveraineté nationale

Comment la GOC est devenue l’instrument de la reconquête économique gabonaise © Dépêches 241

Libreville, le 14 Juin 2026 – (Dépêches 241). En quelques années, la Gabon Oil Company est passée du statut de simple holding de participations à celui de premier producteur national de pétrole en quote-part. Une ascension qui suscite autant d’admiration que d’interrogations.

Créée en 2011, la GOC a longtemps évolué dans l’ombre des grandes compagnies internationales présentes sur le sol gabonais, se contentant de gérer des participations sans peser réellement sur les choix stratégiques du secteur. Cette configuration a connu un bouleversement net à partir de 2023, lorsque la direction générale de l’entreprise a entrepris d’en redéfinir le périmètre et les ambitions.

L’acquisition d’Assala Energy, point de bascule ? 

Le rachat d’Assala Energy, finalisé en 2024, demeure l’épisode le plus marquant de cette transformation. Cette opération, présentée par ses promoteurs comme un acte de souveraineté énergétique, a permis à la société publique de se hisser au rang de premier producteur national en quote-part. Pour ses partisans, elle illustre la capacité de l’État gabonais à reprendre la main sur des actifs stratégiques longtemps détenus par des intérêts étrangers.

Cette montée en puissance n’est pas sans conséquences. La direction de la GOC est désormais perçue comme l’une des fonctions les plus stratégiques de l’appareil économique gabonais, à la croisée des enjeux énergétiques, financiers et politiques. Un positionnement qui, mécaniquement, attise les appétits, qu’ils viennent de cercles d’affaires pétroliers ou de sphères administratives proches du pouvoir.

Une transformation à double lecture

Reste que cette success story officielle ne fait pas l’unanimité. Des publications ont mis en cause certaines pratiques contractuelles et des choix de gouvernance au sein de l’entreprise, notamment dans le cadre de l’enquête menée par l’ONG suisse Public Eye sur les soupçons de corruption liés au négociant Gunvor. Ces éléments méritent d’être traités avec la prudence qui s’impose tant que les procédures en cours n’ont pas livré leurs conclusions, mais ils rappellent que la trajectoire ascendante de la GOC s’accompagne d’un examen public croissant, à la mesure de son nouveau statut.

Entre récit de souveraineté retrouvée et interrogations sur la gouvernance, la Gabon Oil Company se trouve aujourd’hui à un carrefour. Son poids dans l’économie nationale ne cesse de croître ; sa capacité à dissiper les doutes qui l’entourent déterminera, en partie, la solidité de l’édifice bâti depuis trois ans.

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