
Libreville, le 9 avril 2026 – (Dépêches 241). Institution stratégique au cœur du développement numérique du Gabon, l’Agence Nationale des Infrastructures Numériques et de Fréquences (ANINF) est censée incarner la rigueur administrative et la transparence dans la gestion des infrastructures digitales de l’État. Pourtant, depuis plusieurs mois, des interrogations persistantes entourent les méthodes de gouvernance de son Directeur Général. Sans accusation formelle, plusieurs faits et témoignages internes invitent à s’interroger sur la pertinence de certaines pratiques managériales et financières.
À la gestion financière déjà décriée par certains observateurs s’ajouterait une gouvernance humaine pour le moins singulière. Au sein de l’agence, plusieurs responsables ayant exprimé des réserves sur certaines décisions auraient progressivement été écartés de leurs fonctions. Deux présidents successifs du Conseil d’administration auraient ainsi quitté leurs postes après avoir contesté la gestion du fonds de cabinet, connu sous l’appellation interne de « Le Bonbon », doté d’environ 50 millions de FCFA mensuels et dont la répartition aurait suscité des interrogations.
La liste des départs ne s’arrêterait pas là. Un Directeur Général Adjoint aurait lui aussi été poussé vers la sortie après avoir évoqué la question de la distribution des gratifications au sein de l’agence. Une Directrice de la Communication aurait, selon certaines sources internes, été remerciée pour avoir refusé de s’engager dans des démarches jugées contraires à sa ligne de conduite professionnelle. Plus récemment encore, un Directeur Administratif et Financier, puis l’Agent comptable, auraient quitté leurs fonctions après avoir tenté d’alerter sur des prélèvements et virements opérés au profit de fournisseurs jugés privilégiés.
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Ces évictions successives nourrissent aujourd’hui une interrogation plus large au sein de l’écosystème administratif. Comment expliquer la longévité d’une telle gouvernance malgré les remous internes qu’elle semble provoquer ? Certains évoquent des contrats fragmentés en plusieurs marchés de moindre valeur, pratique parfois décrite comme un « saucissonnage » permettant de contourner les procédures plus strictes du Code des marchés publics.
Autant d’éléments qui, sans constituer des preuves formelles d’irrégularités, posent néanmoins une question essentielle : l’ANINF peut-elle continuer à porter les ambitions numériques du pays si sa gestion interne implémentée par Alberto Wenceslas Mounguengui Moudoki demeure entourée d’autant de zones d’ombre ?







