
Libreville, le 8 avril 2026-(Dépêches 241). Depuis plusieurs semaines, la crise couve au sein de l’hôtel de ville de Libreville. La survenue d’un conflit, jusqu’ici latent, semble de plus en plus inévitable. Au centre de ce bruit de bottes, de nombreux clans aux intérêts vraisemblablement divergents, qui s’affrontent désormais au sein de la Mairie de la capitale politique et administrative du Gabon, pour le « partage du gâteau ».
Le magistère de Pierre Mathieu Obame Etoughe à l’hôtel de ville de Libreville s’ouvre sur d’énormes tensions. Selon de nombreuses informations recueillies, tout serait parti des premières nominations effectuées au cabinet du Maire central. Jugées inflationnistes et non conformes aux textes de l’administration, et rappelant celles effectuées sous le magistère de Léandre Nzue du régime ancien. Elles avaient suscitées de vives réactions dans l’opinion, et de multiples contestations en interne. À ce fait vient se greffer de fortes suspicions de détournements de fonds.
Alors qu’un conseil municipal devrait se tenir sous peu, plusieurs bruits de couloirs annoncent, de manière insistante, la probable annulation des nominations de Pierre Mathieu Obame Etoughe. Pis encore, les mêmes soupçons évoquant désormais l’idée d’une éventuelle destitution de celui qui avait été élu Maire de Libreville en novembre dernier, à la grande surprise des observateurs et analystes politiques.
Toutefois, selon d’autres sources proches du dossier, l’hostilité croissante dont ferait l’objet Pierre Mathieu Obame Etoughe ne serait pas uniquement liée aux nominations controversées ou aux soupçons qui agitent actuellement les couloirs de l’hôtel de ville. Elle trouverait également son origine dans la volonté affichée du maire central d’engager une série de réformes administratives et financières destinées à assainir la gestion de la municipalité.
Des initiatives qui, à en croire ces mêmes sources, bousculeraient des habitudes bien ancrées et mettraient en péril certains intérêts établis au sein de l’institution. Dans ce contexte, la contestation qui enfle pourrait aussi s’apparenter, pour une partie de ses soutiens, à une tentative de résistance de réseaux internes peu enclins à voir se refermer des pratiques dont ils tiraient jusque-là profit.
Le prochain conseil municipal de la Mairie de Libreville s’annonce d’ores et déjà électrique, au regard des tensions internes qui pourraient faire imploser l’Institution. Cet épisode nous rappelle, à n’en point douter, celui qui avait occasionné les disgrâces de Léandre Nzue et Eugène Mba, tout juste quelques mois après leur arrivée à la tête de l’hôtel de ville de Libreville.







