Adoption de la taxe d’habitation par l’Assemblée nationale : comme une lettre à la poste

Libreville, le 16 décembre 2025 – (Dépêches 241). Alors que la taxe forfaitaire d’habitation est largement contestée par une population déjà fragilisée par la vie chère, l’Assemblée nationale l’a adoptée à l’unanimité. Le vote n’a surpris personne. Dans un Parlement largement dominé par la majorité présidentielle, l’issue ne faisait guère de doute. Pour de nombreux observateurs, cette adoption rapide illustre surtout le décalage croissant entre les représentants et les réalités vécues par les citoyens.

Depuis plusieurs semaines, la contestation était pourtant visible. Sur les réseaux sociaux comme dans les discussions publiques, beaucoup dénonçaient une « taxe de trop ». Mais ces signaux n’ont manifestement pas pesé dans les débats. Les députés ont voté d’un seul bloc, sans véritable opposition, donnant le sentiment que la décision était déjà prise. Dans ces conditions, le passage du texte à l’Assemblée ressemblait davantage à une formalité qu’à un véritable exercice démocratique.

Ce vote met en lumière la nature monocolore de l’actuelle Assemblée nationale. Avec une majorité acquise à l’exécutif, les marges de débat sont faibles, voire inexistantes. Les députés, pourtant élus pour porter la voix de leurs circonscriptions, ont validé une mesure rejetée par une large partie de la population. Pour beaucoup, cela confirme l’idée d’un Parlement aligné, plus soucieux d’accompagner les choix du gouvernement que de les discuter.

Cette situation rappelle des pratiques déjà connues. Comme par le passé, l’Assemblée donne l’image d’une chambre d’enregistrement, où les projets de l’exécutif sont adoptés sans réelle résistance. La présence de nombreux anciens cadres du PDG au sein de la nouvelle majorité renforce ce sentiment de continuité, malgré les discours de rupture tenus après le 30 août 2023.

Finalement, l’adoption de la taxe d’habitation en dit long. Elle montre que, dans le contexte actuel, l’équilibre des pouvoirs reste largement théorique. Pour les citoyens qui espéraient un Parlement plus indépendant et attentif à leurs difficultés, le vote sonne comme une désillusion de plus. Et il confirme que, dans une Assemblée sans diversité politique réelle, certaines décisions sont réglées d’avance.  

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