
Libreville, le 8 avril 2026 – (Dépêches 241). L’État gabonais a engagé un bras de fer discret mais révélateur avec la Gabon Oil Company (GOC), sommée de reverser 29,1 milliards de francs CFA au Trésor public. Cette somme est liée à une opération pétrolière réalisée lors de l’acquisition d’actifs de la compagnie Tullow Oil en 2025. Au-delà du simple contentieux fiscal, cette exigence traduit surtout une volonté plus large des autorités de renforcer le recouvrement des recettes dans un contexte budgétaire sous pression.
À l’origine de cette créance figure une transaction pétrolière conclue en 2025 lorsque la Gabon Oil Company a acquis certains actifs de la compagnie britannique Tullow Oil. Dans ce type d’opération, la réglementation fiscale prévoit qu’une retenue à la source soit opérée sur l’impôt dû au titre de la plus-value générée par la cession.
Cette retenue doit ensuite être reversée au Trésor public par l’acquéreur. Or, selon les autorités financières, cette obligation n’aurait pas été entièrement honorée, d’où la demande faite à la GOC de régulariser la situation à hauteur de 29,1 milliards de francs CFA. Malgré la mise en place d’un calendrier de paiement, les versements attendus tarderaient à être effectués, poussant l’État à accentuer la pression.
Cette fermeté s’inscrit dans un contexte plus large de mobilisation des ressources internes. Face à un niveau d’endettement élevé et à des marges budgétaires limitées, les autorités cherchent désormais à récupérer des recettes fiscales restées en suspens. Plusieurs administrations financières ont ainsi engagé des opérations de recouvrement visant aussi bien des entreprises publiques que privées.
Derrière l’affaire GOC se profile donc une stratégie plus globale, celle d’un État qui tente de consolider ses finances en récupérant des sommes qui, selon lui, auraient dû être reversées depuis plusieurs mois.
La question reste toutefois de savoir si ce signal doit être interprété comme un simple exercice de rigueur budgétaire ou comme le symptôme de tensions financières plus profondes. D’un côté, la volonté de renforcer le recouvrement fiscal peut être vue comme une démarche saine de gestion des finances publiques. De l’autre, l’intensité de ces démarches révèle que le Trésor cherche activement de nouvelles marges de manœuvre dans un contexte où la dette publique a fortement progressé ces dernières années.
Si ces initiatives traduisent une volonté de discipline budgétaire, elles rappellent aussi que les finances de l’État demeurent fragiles et que les prochains mois pourraient rester marqués par une forte pression sur les recettes fiscales.







