Code de la Nationalité: Amnesty International y voit une « régression juridique sans précédent »

Amnesty international tire la sonnette d’alerte sur le caractère anti démocratique de nouveau code de la Nationalité ©Dépêches 241

Libreville, le 7 avril 2026-(Dépêches 241). Alors qu’il reste très contesté sur le plan local, le nouveau Code de la nationalité du Gabon suscite désormais de vives craintes chez les organisations internationales. Dans une correspondance privée dont la rédaction du journal en ligne Le Confidentiel a eu lecture, Amnesty International redoute ce nouveau texte qu’elle n’a pas hésité de qualifier comme « une régression juridique et une répression généralisée sans précédent des voix dissidentes de la société civile et de la société politique ».

Au Gabon, les nouvelles autorités viennent de durcir les conditions d’accès et du maintien de la nationalité. Une décision qui n’a pas tardé à faire réagir aussi bien dans la sphère politique et associative locale, que sur le plan international. Après l’association Gab’Action qui a récemment porté l’affaire devant la Cour Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples (CADHP), c’est désormais au tour de l’organisation de défense des droits humains, Amnesty International, d’émettre ses redoutables inquiétudes, quant à ce nouveau Code de la nationalité gabonaise.

Le droit à l’identité transformé en outil de coercition politique ? 

Dans un contexte de crise sociale persistante au Gabon, l’organisation internationale exprime sans détour sa crainte vis-à-vis de ce nouveau Code de la nationalité, considéré comme « une régression juridique et une répression généralisée sans précédent des voix dissidentes de la société civile et de la société politique ». En clair, pour Amnesty International, ce nouveau Code pourrait très rapidement devenir un instrument d’une traque légalement orchestrée contre les voix dissidentes.

Le regard et les espoirs désormais rivés sur les parlementaires 

Si l’ordonnance portant modification du Code de la nationalité gabonaise n’a pas encore été définitivement adoptée, plusieurs de ses dispositions demeurent extrêmement controversées. Toute chose qui donne désormais aux deux chambres du parlement une place centrale dans le processus d’examen dudit texte. Amnesty International prévient qu’elle va rester « attentive quant à l’examen à venir de ce texte au Parlement avant adoption définitive », indique l’organisation dans sa correspondance.

Au-delà de la polémique interne, cette mise en garde d’Amnesty International pourrait avoir des répercussions bien plus larges pour l’image du Gabon sur la scène internationale. Être publiquement pointé du doigt par une organisation de défense des droits humains de cette envergure comme un État susceptible d’utiliser le droit de la nationalité pour museler les voix dissidentes expose le pays à un sérieux discrédit démocratique.

 À terme, une telle perception pourrait fragiliser la crédibilité des institutions gabonaises, nourrir la méfiance des partenaires internationaux et renforcer l’idée d’un recul des libertés publiques, à un moment où le Gabon cherche pourtant à consolider son image d’État engagé sur la voie de la réforme et de la gouvernance démocratique.

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