
Libreville le 27 mai 2026-(Dépêches 241). La détention de l’ancien Premier ministre, Alain-Claude Bilie-By-Nze, continue de faire grand bruit au sein de l’opinion publique gabonaise. Après le rejet de sa libération conditionnelle par la chambre d’accusation qui a maintenu son mandat de dépôt, ses conseils ont introduit un nouveau recours, cette fois pour contester la procédure qui a conduit à son arrestation, que son Parti considère comme un enlèvement, puis à son incarcération. À ce titre, une audience en cabinet s’est tenue hier, le 26 mai 2026 devant la deuxième chambre d’accusation, en vue de l’examen de ce qui pourrait s’apparenter à un vice de procédure au titre de l’article 96 du code de procédure pénale gabonais. Le délibéré de cette audience, prévu pour le 29 mai prochain, pourrait être profitable à l’ancien Premier ministre en cas d’irrégularité procédurale reconnue par la deuxième chambre d’accusation.
La deuxième chambre d’accusation a tenu une audience hier matin à l’effet d’examiner le recours en nullité de la procédure ayant conduit à l’arrestation puis à la mise sous mandat de dépôt du président du parti Ensemble pour le Gabon (EPG), Alain-Claude Bilie-By-Nze, depuis près de 50 jours déjà. Ses conseils contestent et pointent de nombreuses irrégularités ayant entaché la procédure liée à l’information judiciaire ouverte contre lui. Ils contestent surtout la violation, selon eux, de l’article 96 du code de procédure pénale, considéré comme cardinal, relatif au délai imposé au juge d’instruction ainsi qu’à la chambre d’accusation pour statuer sur les demandes d’actes formulées par les parties.
À l’issue des débats, la deuxième chambre d’accusation a mis en délibéré cette affaire pour le 29 mai prochain. Une décision très attendue, car elle constitue un gage d’espoir pour l’ancien Premier ministre, Alain-Claude Bilie-By-Nze, qui pourrait recouvrer sa liberté si, d’aventure, de possibles entorses à la procédure étaient reconnues. Ce qui pourrait annuler aussi bien la procédure en elle-même que la levée du mandat de dépôt délivré contre lui.
À ce niveau, le délibéré du 29 mai prochain marque une nouvelle étape dans cette affaire. Elle demeure particulièrement scrutée par les professionnels du milieu judiciaire et politique, qui attendent de se prononcer à l’issue de cette décision. Ce n’est donc pas qu’une simple audience de chambre qui a eu lieu ce 26 mai, mais le début d’une étape cruciale qui engage à la fois le destin d’un homme dont la vie a basculé du jour au lendemain, et la stabilité, l’engagement à servir et la crédibilité d’une institution judiciaire qui ne convainc plus qu’elle est toujours indépendante et impartiale.
Quoi qu’il en soit, le verdict du 29 mai sera bien plus qu’une décision de justice ordinaire. Il dira si le Gabon post-transition est capable de garantir un État de droit qui s’applique à tous, y compris aux anciens serviteurs de l’État. Pour les partisans de Bilie-By-Nze comme pour ses détracteurs, cette date s’annonce comme un test grandeur nature de la maturité démocratique et judiciaire d’un pays qui cherche encore à définir le cap de sa refondation.







