
Libreville, le 30 juin 2026-(Dépêches 241). La Cour d’appel a condamné le journaliste Freddy Koula Moussavou à trois mois d’emprisonnement ferme dans le dossier l’opposant à Pierre Alain Mounguengui. Cet arrêt qui intervient à l’issue d’une procédure judiciaire très suivie, rappelle que la liberté d’expression, pourtant garantie par la loi, demeure encadrée par des limites précises. En l’espèce, la juridiction a estimé que les propos tenus relevaient de l’injure publique, une infraction susceptible d’entraîner des sanctions pénales.
Les faits à l’origine de cette affaire remontent au mois de février 2025. Lors d’une émission télévisée, Freddy Koula, consultant sportif notoirement connu, avait qualifié Pierre-Alain Mounguengui de « piètre dirigeant sportif » et de « minable arbitre ». Des faits qui avaient conduit l’actuel président de la Fédération Gabonaise de Football à porter plainte.
En première instance, le Tribunal correctionnel de Libreville avait rendu, le mardi 3 mars 2026 dernier, une décision de condamnation à l’encontre du journaliste sportif Freddy Koula Moussavou pour injures publiques envers Pierre-Alain Mounguengui, président de la Fédération Gabonaise de Football (Fegafoot) dont les conseils avaient ensuite interjeté appel. Le décision en appel vient de tomber. Freddy Koula Moussavou, a été condamné à 3 mois de prison ferme.
Au-delà du cas individuel de Freddy Koula Moussavou, ce jugement revêt une portée plus large pour l’ensemble de la profession. Il constitue un signal fort adressé aux journalistes, chroniqueurs et acteurs des médias qui, dans le traitement de l’actualité ou des débats politiques, franchissent parfois la frontière entre la critique légitime, la dénonciation de faits d’intérêt public et les attaques personnelles. L’exercice du journalisme confère une responsabilité particulière, celle de rapporter des faits vérifiables et de préserver un langage conforme aux exigences de la déontologie professionnelle.
Cette condamnation remet également au premier plan la nécessité pour les professionnels des médias de bien se conformer à au droit et à la loi qui encadrent leur métier. Outre la critique rationnelle qui se base sur des éléments plausibles, l’injure publique se caractérise par des expressions outrageantes, des termes de mépris ou des invectives qui ne reposent sur l’imputation d’aucun fait. Cette distinction est essentielle, car les conséquences judiciaires peuvent être lourdes lorsque les limites fixées par la loi sont dépassées. Et à en croire ce jugement, Freddy Koula Moussavou aurait franchi le rubicon.
En attendant les suites, l’affaire Freddy Koula Moussavou rappelle que la liberté de la presse ne saurait être assimilée à un droit d’outrager ou d’insulter. Si les journalistes ont pour mission d’informer, d’enquêter et de questionner les détenteurs du pouvoir ou les personnalités publiques, cette mission doit s’exercer dans le respect du droit, de l’éthique professionnelle et des droits des personnes.
Cette décision de justice pourrait ainsi constituer un précédent important, incitant les professionnels des médias à faire preuve d’une plus grande rigueur dans le choix des mots et dans la qualification des faits qu’ils portent à la connaissance du public.







